Au vu de leur CV, ce sont les meilleurs qui nous gouvernent, et chacun d’eux est entouré des conseillers les plus performants, les plus zélés. L’élite est au pouvoir, pour notre bonheur et par notre volonté.
Exact ? Alors pourquoi autant d’inepties et de mauvaise foi de la part de nos chers (très chers) personnels de préfecture française ?
Cette histoire du 17 novembre prouve au moins 3 choses
1/ L’élite est déconnectée. Comme le dit Raphaël Glucksmann dans son dernier ouvrage « Les enfants du vide« , ils sont chez eux à Berlin et à New York … et complètement perdus en Picardie ou en Bretagne.
2/ Comme elle n’est pas stupide, notre élite est prise de vitesse par un nouveau contre pouvoir : le peuple et son mode de communication directe : les réseaux sociaux. Et ça ne fait que commencer. Soudoyer cinq syndicats, c’est une chose. Surveiller 70 millions de citoyens en est une autre. Alors, on allume des contre-feux : les gilets jaunes sont manipulés par l’extrême droite, ils n’ont pas de service d’ordre (ça c’est la meilleure quand même !), ils n’ont pas de représentants élus (énorme, non ?). Et j’en passe.
3/ Qu’on s’aperçoive que les corps intermédiaires, syndicats en tête, ne servent plus à rien, çà c’est dangereux pour ceux qui veulent voir perdurer la République Française telle qu’on la connaît depuis 1958. Voire 1789… Mais pourquoi ne pas soutenir un mouvement où se retrouvent leurs potentiels adhérents ? Vu les subventions qu’ils touchent, il est fort probable que la représentation soit le cadet de leur soucis.
La taxe sur le carburant n’est jamais qu’un mauvais film, où le gouvernement est pris la main dans le sac dans un jeu où tout le monde est évidemment d’accord pour sauver la planète. Alors pourquoi :
1/ Ne pas attribuer 100% du super impôt sur les carburants à la transition énergétique ?
1bis/ Ne pas arrêter de créer de nouveaux impôts ??
2/ Ne pas proposer un plan d’ensemble de cette fameuse transition : ferroutage, taxe sur le fioul des avions, etc…
2bis/ Ne pas arrêter de créer de nouveaux impôts ??
3/ Donner une prime sur l’achat d’un nouveau véhicule diesel – qui polluera autant – voir plus – que nos vieux bolides ?
4/ Ne pas parler des métaux rares et ultra-polluants des batteries ? Un peu comme pour le nucléaire, on se fout royalement des déchets du tout-électrique, qu’on passe sous silence en refilant la patate chaude aux futures générations ! Et sans parler des désordres géopolitiques ! Mais çà, comme pour l’uranium en Afrique, on a l’habitude de gérer !
5/ Ne pas parler du prix et de l’autonomie de ces voitures électriques ? Si on ne change pas de voiture, c’est qu’on n’en a pas les moyens. Ce ne sont pas les 1000€ (allez, même 3000€ !) qui vont créer les 20 000 € nécessaires à l’achat de ce type de voiture ? Voire 60 000€ si on veut dépasser les 400 kms d’autonomie. Vous avez dit déconnection de l‘élite?
La manifestation du 17 novembre dépasse de loin la simple et lente agonie du pouvoir d’achat des français. Elle illustre une perte de contrôle de l’Etat sur son peuple. La mondialisation a confié les clés du camion aux banques. Voilà que désormais, la démocratie perd ses illusions. Si le peuple commence à se prendre en main, et gérer ses problèmes au niveau local (régional ?), il est fort à parier que le gouvernement français devienne un de ces fameux corps intermédiaires inutiles et soit jeté comme le bébé avec l’eau du bain. D’ailleurs, pour l’heure, la seule réponse officielle est une menace de Christophe Castaner : envoyer les CRS !
Hervé Devallan
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