Et Bonne Année Bretagne.
Cinq millions de Breton.nes !
Tout augmente, surtout la population ! Nous sommes de plus en plus nombreux, dans les métropoles, les petites et moyennes villes, les bourgs et les villages. 6000 et quelques Costarmoricains de plus, 11 300 Finistériens, 23 110 Morbihannais, 56 600 Bretilliens et 97 000 Loire-atlanticains en plus !
Toujours plus !
À l’instar de la population française en général.
À l’instar de la démographie mondiale ! Bretagne n’est pas en reste !
Bretagne est monde…
Ce à quoi on assiste ici correspond à ce qui se passe sur les bandes littorales du monde entier. La région malouine, le vannetais, la Cornouaille ou le Pays de Lorient, la pointe bretonne ou le pays Nantais voient augmenter les flux, s’installer les gens, proliférer les naissances.
Bonne nouvelle !
Le seul solde négatif, autre allégorie mondiale, se retrouve à notre frontière orientale -mais rien à côté de la Normandie, du Lavallois voire du reste des Pays de Loire, Maine ou Perche ( à l’exception du Choletais et d’Angers).! De même entre les Montagnes Noires, les Landes de Lanvaux jusqu’au Yeun-Elez. Ici les naissances sont moindres, l’exode se poursuit, l’attractivité semble toujours fléchir. Si l’on parle de bonnes terres ou de champs de cailloux, bien sûr la démographie s’installe, lotit, recouvre, investit les bonnes terres à carottes.
Où les échalotes poussent et les artichauts pomment sont les femmes et sont les hommes ! Moins sur les crêtes schisteuses et les landes d’ajoncs où règnent Ankou et les derniers défricheurs de liberté libre !
Si l’on axe le regard sur l’industrie ou le tertiaire, aussi sur la tech, les pôles urbains attirent l’emploi, le conservent et le développent. En Ille et Vilaine c’est remarquable. Vitré comme Fougères tirent leurs marrons du feu. Vitré + 2 à 3%, Fougères + 1 à 2% !
S’agissant de marrons, Redon continue de perdre en attractivité. De 0 à 1% d’évolution ! Mais que fait donc le baron Bic ?
Force est de constater que l’industrie agroalimentaire, les poids lourds Le Duff ou Triballat attirent et nourrissent.
Saint-Herblain (50000 habitants !) augmente de 800 habitants par an, Rezé 600, et 400 à Couëron ou Vertou ! La pression immobilière, le surcoût de l’habitat sont impactés direct, et ce, moins en faveur des populations en difficulté.
Rennes et Nantes sont donc ici capitales. Moins la ville centre de Rennes que son archipel notamment sur sa frange ouest : Vezin-le-Coquet, Saint-Gilles et au nord le Val d’ille-Aubigné (qui n’est pas Rennes métropole) semblent bénéficier de cet effet d’accélération hospitalière : Melesse, Saint-Germain-sur-Ille, Montreuil-le-Gast, ou Chevaigné et Mouazé qui dépendent de la communauté liffréenne génèrent de l’habitat, passant parfois les 3%.
Pour Nantes, record battu ! 860 000 habitants dans la ville des Ducs, 8000 nouveaux Nantais chaque année s’y installent. Effet métropole avec Saint-Nazaire en tête de pont et bien-sûr, Rezé ou Saint-Herblain : 3% de population en plus. La Loire Atlantique est bien atlantique et ses bordures littorales boursouflent. Le département compte 1 445 171 habitants, la Bretagne atteint donc, si l’on fait bien les comptes, non plus trois millions cinq mais cinq millions de Bretons.
Est-ce pour autant l’équilibre ?
Est-ce pour autant que s’atténue l’inégalité territoriale à l’intérieur même de la Bretagne ? Le fameux sentiment d’éloignement en est-il subsumé ?
Pas sûr.
Reste que la démographie profite à l’économie. Ne prenons pour exemple que les droits de mutation liés aux changements d’habitat qui abondent les budgets des Conseils départementaux. Assez ? Jamais assez.
Reste que la démographie galopante est signe de vitalité mais induit aussi, par effets de seuil, de nouveaux symptômes dont la crainte d’insécurité, les déplacements embolisés. Partant, les risques d’intolérance et de dégradation sociale augmentent d’autant que la proportionnalité objective s’hypertrophie de fantasme.
La Bretagne saura-t-elle faire avec ses cinq millions de Breton.nes ?
Comment nous loger tous ? Décemment ? Joliment ? Et pas dans des lotissements étalés qui bitumisent et bétonisent, détruisant chaque année des milliers d’hectares de champs, de prairies et de prés. L’artificialisation des sols ne doit pas devenir le prix à payer d’une démographie positive !
Le déclin démographique des agriculteurs se poursuit. Au détriment du paysage, à l’avantage des agro-industries dont les sièges sont loin des terres exploitées.
Les nouveaux arrivants sur le littoral sont vieillissants, conservateurs, plutôt enclins au confort individualiste et au repli. Les nouveaux cohabitants urbains sont jeunes, souvent ex-étudiants installés auprès de leur université, lesquels exigent des villes culturelles, ouvertes, créatives. Ces deux pentes se contredisent-elles ou au contraire vont-elles générer une région tête haute, nez d’océan, et langue tirée (Presqu’ile de Crozon) vers les Amériques ?
Bretagne vit, vibre. Source, estuaire et tempêtes pour assainir son air. Grosses pluies pour laver les terres jusqu’aux baies hurlant à la mort : Saint-Brieuc, Plestin-les-Grèves. Les marées noires sont vertes.
Ce dernier souci est le pire. Comment les eaux usées des cinq millions seront retraitées ? Dans quels ruisseaux elles embarqueront ? À quel taux de nitrate arrêtera-t-on les frais ? Les réponses sont chez les agriculteurs et chez les cinq millions de consommateurs. Et chez les élus !
Refusons les jambons fadasses, le lait importé, les porcs qui ne voient pas le soleil et les vaches en hors-sol. La grippe aviaire nous force, les conditions climatiques nous contraignent.
Et bonne année quand même aux cinq millions de Bretonnes et Bretons !
Fest-noz braz garanti !
Gilles CERVERA







