Plusieurs centaines de voitures brûlent chaque année au nouvel an. Silence radio. Au mieux les médias se réjouissent-ils qu’il y en ait moins que la fois précédente. Mais quand c’est le Fouquet’s, symbole élyséen de l’argent et de la réussite vulgaire, alors là ! notre belle République est soudainement en danger.

Commençons par une citation du Président Macron. « Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus (…) au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut (tout) obtenir sans effort, que parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République (…) il y a (aussi) des devoirs. » Mais de quels efforts parlent monsieur Macron ? S’agit-il des privations de ces gens qui travaillent pour moins de 1.000 euros par mois ? Ou bien du courage des chômeurs qui recherchent en vain un travail depuis des années ? A moins qu’il ne soit question des nombreuses familles contraintes à choisir entre se chauffer ou mettre de l’essence dans leur voiture pour aller travailler ? Ou encore de celles qui n’ont pas pris de vacances depuis … eux-mêmes ne s’en souviennent plus. Pas de plage. Pas de ski. La Mongie est loin. Trop loin pour ne pas nourrir une rancune envers les ronds de cuir gouvernementaux qui se pavanent aux portes de leur berline avec chauffeur, ou contre un ministre d’État qui sort en discothèque sans être fichu de solutionner une crise qui s’éternise depuis 18 semaines.

Bientôt des magasins sans personnel

Monsieur Macron était donc à La Mongie ce week-end, considérant que l’embellie des sondages à son égard lui autorisait quelques jours de vacances dans cette élégante station pyrénéenne. Pour preuve, une horde de photographes l’accompagnait. Malgré l’absence du couple présidentiel à l’Élysée, ce sont toutefois plusieurs centaines de CRS qui furent mobilisées en protection d’un palais déjà inapprochable, au lieu de les envoyer sur le terrain pour arrêter casseurs et black bloc dont les Renseignements Généraux savaient qu’ils seraient plus nombreux qu’à l’ordinaire. Mais non. Entre neige et vodka, sieur Macron et sbire Castaner avaient autre chose à faire.

En revanche, notre gouvernement prend tout le temps nécessaire pour vendre les richesses rentables qui appartiennent au bien public : aéroports, Française de Jeux… ; il laisse volontairement se dégrader nos services publics régionaux : écoles, hôpitaux…, soutenant par là-même les vrais casseurs, oligarques inconnus du grand public, qui brisent des centaines de milliers de vies en licenciant et sous-payant leurs employés. Ces mêmes dieux du fric nous promettent pour bientôt des magasins sans personnel !

Seuls les régionalistes s’intéressent à une « autre » Europe

A quelques semaines des élections européennes, le résultat s’annonce désastreux, non seulement pour Bruxelles, mais aussi par la monté conjointe de l’abstention et d’un populisme en lutte contre toutes les oligarchies : mondiales, européennes et nationales. L’hostilité désormais radicale des Gilets Jaunes envers le gouvernement, cette haine devenue viscérale, est la même que celle d’une majeure partie de la population à l’égard d’une Europe technocratique qui asphyxie le pouvoir d’achat des peuples et délaye nos cultures dans une caricature sociale et migratoire. L’Europe (dite) de Bruxelles ne souhaite pas le dialogue. Monsieur Macron non plus. Le second est aux ordres de la première. L’un et l’autre nous imposent leurs conceptions face à un parti socialiste exsangue et une droite qui semble avoir abandonné ses racines démocrates-chrétiennes. Seuls les régionalistes s’intéressent à la possibilité d’une « autre » Europe, et recentrent le débat sur ses véritables ambitions.

L’Europe des États jacobins n’a aucune crédibilité

Car l’Europe sera régionale avant d’être nationale. Il est idiot de croire qu’elle peut être construite par une fédération d’États jacobins. Voilà ce que nous enseignent le mouvement des Gilets Jaunes lorsqu’il dégénère en une violence inacceptable. Le mondialisme tue les individus parce que, entre autres implications délétères, il appauvrit les régions en les dépeuplant, au bénéfice de villes tentaculaires où tous les services (très chers) et avantages (payants) sont concentrés de manière quasi carcérale. Mais le Président Macron ne veut rien entendre. Paris brûle-t-il ? Non. Paris s’enflamme. Ce n’est ni la première ni la dernière fois.  Malheureusement nos politiciens sont incompétents. Pire. Orgueilleux. Un roi délègue ou abdique. Un élu jamais.

Jérôme ENEZ-VRIAD
© Mars 2018 – Jérôme Enez-Vriad & Bretagne Actuelle

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