C’est une première en France. Plus de 100 000 citoyens de Loire Atlantique ont signé la pétition papier à propos de la modification des limites régionales visant à inclure la Loire-Atlantique dans la Bretagne.
Oui, vous avez bien lu ! Un retour de la Loire Atlantique en son giron est légalement envisagé !
Merci à Bretagne Réunie d’avoir pris l’initiative d’une telle démarche. Le château des Ducs de Bretagne va peut-être – enfin – retrouver son pays. La Bretagne historique et la Bretagne administrative ne vont peut-être plus faire qu’un. Mais que les jacobins de tous poils se rassurent : l’état français a consciencieusement semé d’embûches ce long voyage, croyant rendre impossible cette démarche. Mais c’est le droit d’option qui a permis cette pétition : un dispositif effectif jusqu’au 1er mars 2019 (et après, tout est figé pour l’éternité ?!?), qui permet à un département de changer de région. Un seuil de 10% de pétitionnaires contraint désormais le conseil départemental à inscrire à l’ordre du jour de sa prochaine session la possibilité de consulter la population par référendum.
Premier constat : 10% ça fait du monde. A l’échelle de la France, ça représenterait plus de 5 millions de signatures…
Deuxième constat : l’Etat français garde la main et n’est dans l’obligation de… rien ! Comme l’affirme le Président du département, Philippe Grosvalet, après avoir reçu des représentants de Bretagne réunie : « Nous ne pouvons pas ignorer une démarche d’une telle ampleur et je prends acte de la mobilisation citoyenne qui s’exprime à travers cette pétition« . Ça n’engage pas grand monde comme promesse ! Car le conseil départemental a toute liberté de décider de ne pas organiser cette consultation. Et même si elle avait lieu et si la population se prononçait favorablement, il faudrait encore que les assemblées des trois entités concernées (département de Loire-Atlantique, région Pays de la Loire et région Bretagne) votent à la majorité des trois cinquièmes pour que le rattachement soit effectif. Mais qui sait, à l’heure des gilets jaunes… ?
A bien y regarder, la démocratie n’a pas grand-chose à voir avec ce process. Car c’est oublier que depuis 40 ans les citoyens de Loire Atlantique affirment régulièrement leur volonté de voir leur département réintégrer la région Bretagne. Et ils ne sont pourtant pas entendus par les responsables politiques. Les nombreux sondages successifs indiquent, en moyenne à 70%, que les habitants de Loire-Atlantique et de Bretagne veulent se retrouver au sein d’une même région. Alors bien sûr, demander aux représentants des habitants de Maine-et-Loire, de Mayenne, de la Sarthe et de la Vendée d’exprimer un vote historique pour un problème breton semble surréaliste. Ont-ils été consultés pour vivre ensemble lors de la création des Pays de Loire ?
Si la démocratie était vraiment le maître mot, les nombreuses manifestations passées et présentes auraient déjà fait bouger nos chers représentants des corps intermédiaires. Notamment la manifestation qui a réuni 30 000 personnes le 27 septembre 2017.
Mais restons bretons, c’est-à-dire légalistes. Et attendons que nos soit disant représentants écoutent la voix du peuple. Pour une fois ça nous changerait.
Hervé DEVALLAN







