Elle est bretonne et rejoint l’idée qu’on se fait d’un monde meilleur ! La Vilaine, petit fleuve qui prend sa source en Mayenne et débouche dans l’océan via l’estuaire de La Roche-Bernard jusqu’aux falaises dorées de Pénestin va retrouver le ciel de bout en bout hormis quelques barreaux par-ci par-là de ponts !

Ouest-France, journal mondialement célèbre annonce la nouvelle sur une grande et belle page en notant que quelques rêveurs l’avaient rêvé depuis longtemps ! Doux rêveurs dont, je l’avoue, nous sommes et assumons de rester !

Certes une ville se vit à pied mais aussi, surtout peut-être, en rêve. À la fois dans le réel de ses rues, coursives, artères mais aussi dans la circulation poétique, psychique de chacun de ses habitants ou de ses visiteurs ! Apprécions ce rêve enfin éveillé !

Sûr qu’il n’y a pas que les rêveurs qui s’étonnaient de voir une ville recouvrir son fleuve, l’enfoncer au plus profond et, pire, l’engoncer de béton ! La Vilaine comme un égout, traitée en eaux usées !

Tout un symbole breton !

La Vilaine n’est pas exempte de nitrates et autres reliquats d’antibiotiques. Sans doute est-elle, comme tous les cours d’eau bretons, au bas du bas des prés surtraités et au bout du bout des chasses d’eaux des particuliers et autres stations d’épuration laissant, on le sait, passer tellement de restes, beaucoup de miasmes ! N’empêche, le radier en béton de la capitale bretonne restait un stigmate des années pompidoliennes. Le tout-bagnoles, même s’il est antigiletjaunement parlant incorrect de l’écrire, est, en ville tout du moins, fini !

Fini, fini !

Les transports en commun répondent de mieux en mieux aux besoins de déplacements endogènes et les parkings relais rallient l’intra à l’extra-muros.

Le faire-ville est un faire-société. Faire-ville appelle à des nouvelles places, des mails redonnés aux gens, des espaces rendus aux piétons, aux sportifs, aux flâneurs. Cet appel d’air est réclamé, et à Rennes, singulièrement entendu. Dès qu’un espace s’ouvre, il est habité, sillonné, approprié. Tellement à l’opposé de ce syndrome d’isolement qui morcelle, nucléarise, sépare et tellement ventouse chacun dans son canapé face à son écran, petit, moyen ou grand.

Une société centripète, vers les canapés et une société centrifuge dont, cerise sur le gâteau électoral, les retrouvailles avec la Vilaine ! Horizon 2027 ! Le béton va sauter ! Et quel que soit le projet urbanistique, ce sera mieux ! On attend des pontons, des passerelles, des planches et du vert, on rêve de poissons qui volent, d’algues rêveuses et alanguies, d’enfants à la marelle entre le carré d’eau et le carré du ciel !

Peu fréquent de remercier la maire et son équipe plurielle d’avoir réuni un jury citoyen afin de dessiner l’avenir paysager de son kreizh-ker !

Peu importe que les oppositions se retrouvent, plus réac que jamais, pour dénoncer la perte de places de stationnement, et, mauvaise foi de mauvaise foi, la coupure Nord/Sud ! Il est vrai que Condate a été bâtie sur le fleuve, plutôt au nord et que cette vilaine Vilaine, dans sa seule fantaisie, a choisi l’axe Est-Ouest ! Nos ancêtres de l’opposition médiévale n’avaient même pas vu que le fleuve deviendrait une frontière infranchissable pour le commerce ! Vrai que franchir un parking bourré de carlingues (à quel tarif l’heure de stationnements ?) est tellement plus poétique !

Notre ville bretonne évolue et, comme toutes les villes européennes, bougera encore. En cassant cette dalle mortuaire sur le fleuve et aussi en résolvant pour les artisans dont les chantiers sont en ville, et les habitants aux mobilités restreintes, la nécessité de se garer et de s’approcher au plus près du chantier ou de chez soi.

La Vilaine à l’air ou le retour au naturel !

Gilles CERVERA

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