Bon, les deux tours ont passé et la plupart a passé le tour. Laissant à d’autres, les zélus, le soin de gérer.

Comment penser Bretagne ?

Comment continuer de penser cette fiction ?

La rêver est préférable !

Il est vrai qu’il y a longtemps déjà, des continents se sont heurtés sévèrement. Des plaques se sont soulevées, dressant des Pyrénées ou plus anciennement le Massif armoricain. Groix, confins d’Afrique, se séparait, les mondes se closaient* en continents, l’homme paléolithique devenait berger, le berger paysan, le paysan notaire, les champs s’entourant de talus, de haies, de barrières ou finalement de paotr-saout branchés sur le secteur.

Plus récemment, le mariage d’Anne-de-Bretagne, entubée pour l’amour et la paix et, encore plus récemment, le Roc-Trédudon qui saute et une sainte innocente flinguée net au Mac-Do de Quévert.

J’ai fait au plus court. J’ai pris l’histoire par la corde, empruntant des raccourcis, j’ai pris à travers champs.

Et maintenant ?

Il s’agirait de prendre un point de vue morinien même si les habitants de Plozévet lui en veulent encore. Bon anniv Edgar !

Que veut dire local ? Où s’arrête le territoire ? Qu’est ce qui fait douane ? Octroi ? Frontière ? Qui la gouverne ? Goût-gueule ou à-ma-zone ? Qui est le chef ? En faut-il ? Orban ou Bolso ? Un seul ? Plusieurs ? Qui, comment ? Où commence et où finit un pays ? Une région ? Un état ? Est-ce administratif, poétique ou politique ?

Historique ou hystérique ?

Au petit théâtre des marionnettes, Monsieur Chesnais-Girard est passé de dauphin à roitelet que Le Drian veille depuis les affaires étrangères ! C’est étrange de penser que les affaires étrangères restent plus ou moins gérées par un ancien maire de Lorient qui sait ce que caserne, militaire, gabelou et marin de la marine veulent dire !

Trêve de plaisanterie.

Où poser le paotr-saout ? Où est la limite ? Al limit !  On dit que le Méné, grâce au bon abbé citoyen Paul Houée, est autonome ! En énergie !! C’est bien le seul ! Pour ce qui est des algues vertes, elles passent partout, s’immiscent et même flinguent à bout portant le cantonnier qui ratisse ou le marcassin qui passe.

Qui gouverne ? Comment gouverner ?

La réponse est : ce sont les algues vertes qui gouvernent !

Ce sont les poulets en batterie ou les usines porcines qui gouvernent !

Sinon, qui ?

Proposons-la utopique ! Dystopique même !

Bretagne est un rêve. Et un rêve est indépendant.

Bretagne est un parti pris des choses, une philosophie, pas une circonscription ni une matière de gouvernabilité. Bretagne est une culture, océanique évidemment, ouverte forcément, d’autant tolérante que placée (par hasard protohistorique) à l’extrême ouest. Ce qui en soi, l’extrême ouest, protège des extrêmes, notamment de l’intolérance liée aux zones de frottements. Se frotter au sol et au sel, être frotté de rafiots rafistolés de migrants, se frotter aux festou-noz, telle est Bretagne ! Debout ! Splendide ! Indépendante psychiquement !

L’inconscient collectif breton est plus réunificateur que toutes les querelles à l’hôtel de région, non ?

Tous les Bretons se rejoignent dans ce rêve. Des villes et des campagnes, des fermes et des quartiers, des lotissements étalés et des tours empilées, tous les bretons se rejoignent, vieux, rentiers, jeunes, lycéens ou apprentis, bretons bretonnants ou de Gallésie, estivants de passage ou derniers arrivants, que tous laissent tomber à-ma-zone et goût-de-gueule et affirment leur rêve d’un pays sans lisier, de champs sans glypho, de rues en hortensias et d’économie circulaire donc équilibrée !

De festivals, de livres, de danses et de chants !

Pas chouette ? Et la nuit aux chouettes, aux hulottes et aux discothèques ! Il en faut pour tous les goûts !

Vu de haut, c’est sympa puisqu’un rêve ne se gouverne pas.

Un rêve monde, deuxième hommage au regretté Michel Le Bris, est ingouvernable. Bretagne est seulement dépendante des vents d’ouest dominants ou du nuage de Tchernobyl quand la Sibérie expire. Bretagne est sous les courants de l’EPR du Cotentin. Trans-Manche et GR 34 ! Trans-Monde et RN 164 ! Bretagne a sa centrale de Cordemais condamnée pour cause de charbon et de Suez. Bretagne est liée comme Poitou, comme Euzkadi ou Amazonie (la vraie). Comme Guyane ou Tchad. Comme Haïti, pensée pour eux, comme Syrie, triple pensée pour eux.

Notre azote sursaturé est le chlordécone des îles !

Notre eau bretonne est vampirisée par un métabolite du s-métolachlore, oui ! C’est moins Plancoët qu’on boit que métolachlore au robinet, bien exfiltré, et où Blavet, Vilaine ou Lié font flotter poissons et boire la tasse aux nénuphars.

Bretagne est une région du monde et ça se gouverne au milieu, exactement comme 30% d’électeurs l’ont décidée. Bretagne est un rêve que trois millions et quelques Bretons se formulent tout bas : libres et dépendants !

La planète ne dit pas le contraire.

Ni Edgar Morin, ni Bruno Latour. Relire Latour d’urgence. La complexité de la Bretagne équivaut à la complexité du monde et à celle de tout un chacun des six milliards et quelques ! La complexité de la Bretagne se joue exactement dans cette couche minuscule entre terre, mettons trente à quarante centimètres, et atmosphère, mettons mille kilomètres. Trop peu pour continuer à répandre impunément le lisier ou diffuser les glypho.

Entre cette bonne terre à sauver et cet air à partager, bon, Bretagne et Poitou, Bourgogne et Lombardie, Pouilles et Vénétie, Maramures ou Aragon, même enjeu précieux !

Même enjeu vital !

Gilles CERVERA

  • Le verbe clore ne se conjugue pas à l’imparfait. Dommage. Clôturer pourrait ici convenir mais inspire moins l’enclosure dont on parle !

 

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