Reprenons le cours des événements. Après avoir reçu en début de semaine les 100 000 signatures, Monsieur Grosvalet annonce vendredi 30 novembre dernier qu’il inscrivait à l’ordre du jour de la prochaine session du conseil départemental (le 17 décembre prochain) un vote sur le rattachement de la Loire Atlantique à la Bretagne.

Qu’est-ce que Monsieur Grosvalet ne comprend dans l’intitulé de la pétition ? Les 100 000 électeurs de Loire Atlantique ont signé pour une consultation populaire sur le rattachement. Traduction : un référendum populaire. Le président du conseil départemental leur répond : « Les élus départementaux voteront sur leur rattachement à la région Bretagne ». Traduction : moi et mes 62 conseillers on va s’en charger et répondre à votre place. Personne n’est dupe : si la consultation populaire peut faire pencher la balance en faveur de la réunification (et donc engager la prochaine étape : la consultation des 2 régions concernées, les Pays de Loire et la Bretagne), il est certain que le conseil général va voter contre et stopper net le processus démocratique.

Avec une telle insulte au peuple, on comprend mieux les gilets jaunes. On comprend aussi que 75 % à 85 % de la population les soutiennent. Un chiffre qui va en grandissant malgré la violence qu’entraîne un tel mépris. Tout comme en Loire Atlantique : 70% – en moyenne – de la population est en faveur du rattachement. Et ce depuis plusieurs dizaines d’années et autant de sondages. Résultat ? 62 conseillers vont s’arroger le droit de voter contre l’avis de la population. Etrange, cynique et bien dans l’air du temps.

Bref, ce que veulent les citoyens, c’est être consultés. Le temps où l’on décidait pour nous est fini.

Bretagne Réunie n’a évidemment pas attendu pour réagir. « Monsieur Philippe Grosvalet, président du conseil départemental de Loire-Atlantique, sait-il lire ? C’est la question que Bretagne Réunie se pose ce matin aux vues de ses déclarations d’hier ! » tonne Henry Colliot, vice-président de l’association. « Ce que propose Philippe Grosvalet n’est en aucun cas ce que demandaient Bretagne Réunie et les 100 000 électeurs de Loire Atlantique qui ont signé la pétition. ». Peut-être fallait-il traduire la pétition en breton pour que le président Grosvalet comprenne ?

La Bretagne à 5 départements n’est plus un rêve ou une utopie : c’est un processus démocratique engagé et les tours de passe-passe de Philippe Grosvalet n’y pourront rien changer.

Hervé DEVALLAN

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