Qui a dit ouf ? Qui reste parmi les vivants ? Qui sourit dans sa moustache et rit derrière son masque ? On dit ouf !

On en a mangé du virus ! Sous toutes les formes, salé, poivré, gomasié, le midi le matin et le soir à tous les menus et dans tous les rateliers. Râpé en carottes ou mouliné en purée ! Un minestrone infini de virus, une ventrée virale de virus ! Un kig-ha-farz coronasaturé !

Lourd en bouche et surtout dur à digérer. Beaucoup trop en sont morts et en meurent encore.

Tous au vaccin et sans ergoter ! Vaccinons-nous sans état d’âme. La preuve est faite que les Ehpad meurent beaucoup moins de ci et presqu’autant de ça. Réjouissons-nous que nos ancêtres furent les pionniers pfizérisés et s’en portent bien. Se vacciner est chic et bien porté, ouvre des portes, pousse les murs, déploie les voilures. Espérons de l’ami qu’il le fût ! Du voisin d’autobus qu’il le soit, du copain de bordée qu’il y consente, de l’étudiant qu’il entre dans la catégorie ! Ouf, deux fois ouf !

Être vaccinés pour s’attendre à la prochaine. Vérifier que ça nous a servi de leçon. Que la démocratie reste plus vivante et joyeuse, plus nuancée que les théocraties ou les tyrannies versus Chine ! Heureux que notre police ait omis d’en arrêter pas mal ! Et c’est bien ! Sauf notre hôtesse de bord dans le TGV ce beau dimanche de mai qui déplore sur la sono vers la Bretagne qu’il y ait « encore beaucoup trop d’individus » (sic) retors !

Dites mamoizelle des TGV, V ne veut pas dire virus !

À vos masques citoyens !

Aux terrasses mon cousin !

Reconnaissons à notre démocratie d’avoir résisté mal au début, mieux à la fin contre la sanitarotyrannie ! Ouf !

Y’en avait trop marre de cette seule discussion à table et au square. T’en connais des malades ? T’en comptes des morts ? T’en déplores des hospitalotubés, des dégradoasphyxiés, des morbidocovidés ? Combien ? Le voisin de la voisine ? Le cousin de la cousine ? Non, la collègue du voisin de ma cousine ! Et ces enterrements bâclés, la honte, ces morts sans cérémonie, nous en remettrons-nous ?

Pour la prochaine fois, faire mieux ! Moins de blabla, plus d’efficace !

Oui, trop de morts. Et en Inde. Et au Brésil. Trop de déni là et ici trop de barouf ! Ouf. Finito jusqu’à la prochaine pangolinmania !

Ouf de oufs.

Toujours le même conflit entre rationnel et irrationnel, non ? Le même film entre ceux qui croient et ceux qui n’y croient pas ! Notre belle et bonne contrée compte les elfes et raconte l’Ankou et nul ici ne doute que les menhirs volent et que le sel de la mer a goût du miel ! Et ce, à jeun, dans notre état (breton) normal !

Normal donc de se faire un ciné ! Notre messe quotidienne ! Normal d’aller au théâtre, aux festivals, de fêter la musique et de danser aux festou-noz ! Normal de se nouer les mains dans la nuit, de se tordre le doigts d’an-dro, arrêtons le massacre par la virtualisation. Foutons en l’air les applis ! Stoppons les réseaux paranosociaux ! Dansons ! Chantons ! Parlons. Dégelons d’alcoolique les mains ! Buvons ! Yeched’mad !

Soyons oufs et retrouvons-nous.

Plaidons joyeusement pour un comme avant qui sait que ça pourra revenir. Un comme avant des enfants qui vont à l’école avec une trousse dotée d’un masque facultatif, de bacheliers option hypocondrie facultative et de rêves rimbaldiens obligatoires !

Enfin une obligation !

Ouf ! Rêvons que la vie est revenue !

Oufons !

Gilles CERVERA

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