Et si la belle Bretagne s’avérait un labo !
Si, ici, sur Bretagne Actuelle, on sondait un nouveau truc un peu péninsulaire, un chouya énervant, un machin carrément pas carré, une mécanique plus politique que quantique, du concret pour les gens. Bref, si on essayait une Bretagne laborantine et high-tech où s’élaborerait un paradigme, incroyable, révolutionnaire, sans frontière ni limite administrative intérieure.
Puisque on est entre nous, rêvons un peu.
On rêverait une minute de se détacher des ordres français, des ordonnances européennes, des segmentations mondiales, des scissiparités ordinaires. On ferait appel au bon sens, on arrêterait de se tirer la bourre, de créer des circonscriptions, des bornages ou des bazars à présidents. On dirait qu’il y aurait pas moins de quatre millions et quelques de présidents bretons. Tous présideraient selon leur envie un comité Théodule, un Club de voile, un machin qui satisfasse le goût des médailles et le don de soi, accueil des migrants ou autres belles raisons d’être.
Pour le reste on imaginerait une région labo où par exemple on en finirait avec Napoléon et ses quatre départements ! Il y aurait, pas croyab’, une région, avec un président, Loïc Chenard-Le Drian, par ordre d’entrée en scène et de disponibilité. Ceci, nous en avons conscience, ne contrarierait personne sauf les quatre présidents de Conseil départemental à qui, évidemment, on donnerait illico le hochet de Vice-Président de la Région. Le reste, les autres, la palanquée d’autres, tous plus militants et compétents et intelligents et beaux, tous seraient fongibles dans l’intérêt commun et le combat breton, régionaliste, hobbyique. Les élus seraient réélus, disons cela pour les tranquilliser puisqu’ils reviendraient présider un syndicat des poubelles, une régie de flotte ou un chouette festival chouette !
Et si on essayait ? Si on imaginait, rien qu’une fois une Bretagne réunie ! La Bretagne unie ! Granitique et solide, armorienne et argoatesque, avec une seule entrée et une belle voix qui porte ! On économiserait du chauffage dans les salles de conseil, on réduirait à une les réunions qui ont toutes les mêmes lexiques, les mêmes thématiques. Un coup à Quimper, un coup à Rennes, un coup à Vannes et à Saint-Brieuc pour n’énerver personne, ne heurter aucune sensibilité. Et plein de commissions à fonctionnalité unique : Breizh.
On réunirait une seule Bretagne ! Une seule et unique entité qui même, audace audacieuse, répondrait aux compétences de transports, de protection de l’enfance, d’école, de lycées, d’université, de formation adulte, de culture et de tourisme touristique. Ce serait bien ?
Exemple d’une demande de subvention, mettons, pour un rond-point ou un projet de film. Au lieu que la demande bute sur un guichet, puis un autre et que par exemple on se rende compte que la Commune n’accorde que parce que le département consent ou que ce dernier ne consent que parce que la Région a débloqué ses cent boules, bon, on voit l’intérêt du plus court chemin. À moins, on n’ose le penser, que les zig-zags entre administrations permettent au dossier de se perdre ou aux mandants d’abandonner. Toujours ça d’économisé !
L’assemblée régionale unique (ARU), petit à petit, aurait moins de membres que l’addition des quatre Conseils départementaux plus du CR. Bref on élirait moins d’élu-es mais ils-elles seraient fort-e-s et honoré-es tout autant !
Avec le-la préfet-ète de région, on économiserait là aussi quelques postes, quelques voitures de fonction, c’est dérisoire je sais, mais bout de chandelle pour bout de chandelle, on garderait un-e préfet-ète de région, interlocuteur-trice du Président Le Drian-Chesnard avec à leurs côtés un-e Préfet-ète maritime ! On fabriquerait un labo de la belle Bretagne et on demanderait au président de la France et au Conseil européen de valider l’idée ! À l’essai pour ne pas effrayer les élus dont les lourdes tâches et les journées très remplies ne le seraient pas moins !
Et, répétons-le, tous les bretons seraient un peu présidents, de ce qu’ils veulent présider mais le commun serait réglé dans une seule et unique institution! Entre Brest et Vitré, il y a trois cents et quelques kilomètres et entre Vannes et Saint-Brieuc, la moitié moins. Ce serait bien non, un truc à seulement quatre étages : l’intercommunalité, la région, l’état et l’Europe !
Notre Finistère aurait quand même une belle allure, qui partirait des Marches jusqu’à la baie des trépassés !
Vive les Bretons !
Gilles CERVERA
PS : on aurait rêvé de ranger Nantes dans l’unicité souhaitée mais c’est une autre histoire et Anne de B. ne nous a pas donné son avis !
PS 1 : Force est de constater qu’un paragraphe a tenté l’inclusivité grammaticale et qu’on a laiss-é tomb-er !







