Ainsi, Emmanuel Macron aura réussi l’exploit de diviser les Français autrement qu’à travers un clivage droite/gauche. D’un côté, les bons ; de l’autre, les méchants ; entendu que les uns sont les autres pour ceux d’en face et réciproquement. Les pro-vaccins accusent haut et fort les « anti-vax » d’être des fascistes bornés ; quant à ceux préférant ne pas se faire vacciner, ils refusent qu’on les pointe du doigt comme des propagateurs de mort, égoïstes du mal qu’ils font et inconscients de celui qu’ils transmettent. Pour couronner le tout, aucune des décisions prises par l’Élysées n’est cohérente ; on aurait tendance à dire « comme d’habitude », avec, cette fois, la responsabilité indéniable d’une présidence aux abois : Emmanuel Macron semble décider seul, soumis à des agences de communication ruineuses lui prodiguant des conseils hors-sol relayés par les tartuffes qui l’entourent, soucieux de conserver leurs avantages princiers. A croire qu’ils sont recrutés pour leur servitude. Ce sont ces ministres et parlementaires de la majorité qui rabâchent à qui mieux-mieux les incohérences suivantes.
– les TGV et trains de grandes lignes seront interdits d’accès sans vaccination ni passe sanitaire ; certes, mais aucune restriction en ce qui regarde les métros et trains de banlieue bondés aux heures de pointe
– les voyageurs en train et avion devront attester de leur innocuité mais pas les contrôleurs SNCF ni les hôtesses et stewards ; il est effectivement plus facile d’enquiquiner le peuple plutôt que de négocier en urgence avec les intersyndicales ferroviaires et aériennes
– notons également l’accès aux centre-commerciaux prohibé, mais pas celui des hypermarchés, avec la caractéristique que l’essentiel des hypermarchés n’est accessible qu’après avoir pénétré dans un centre-commercial, lieu où manifestement monsieur Macron se rend peu
– constatons la possibilité d’une embauche dans un centre-commercial sans être vacciné, mais si vous revenez le lendemain pour y faire des achats sans travailler, il faudra être vacciné ou avoir un passe sanitaire ; en revanche, pour revenir en poste le surlendemain, nul besoin de vaccin
– rien n’a été évoqué pour les personnes qui ne peuvent se faire vacciner en raison de problèmes médicaux ; ceux-là disparaissent de toute vie sociale, aussi bien en amont qu’en aval de la réflexion
– aucune spécificité régionale n’est signifiée. Seul Paris existe entre les rives droite et gauche de la Seine. Quid, par exemple, des bacs et bateaux de liaisons entre les îles ? Comment font les iliens qui n’ont pas la possibilité de faire un test sur leur lieu de résidence s’il est obligatoire pour embarquer afin de rejoindre le continent ? Etc… N’aurait-il pas été plus judicieux de régionaliser ces décisions dans la mesure où les taux de contamination de sont pas les mêmes en Seine-Saint-Denis et dans le Finistère ?
– à propos ! Pourquoi ne faudrait-il pas un passe sanitaire aux Franciliens qui viennent en Bretagne puisque l’Île-de-France possède l’un des taux de contamination les plus importants du pays, alors que la Bretagne engage l’un des plus faible ?
– posons aussi la question de savoir – à l’heure où le « conseil scientifique » de monsieur Macron évoque la possibilité d’une troisième dose pour les plus fragiles – si les double-vaccinés auront encore accès aux restaurants et tutti quanti lorsqu’ils attendront leur nouvelle dose, et quid s’il la refuse ?
– terminons avec cette impérieuse obligation d’être vacciné pour les personnels soignants et les pompiers, mais pas pour la police…Ce qui revient à dire que les forces de l’ordre vont contrôler des citoyens afin de leur signifier une obligation à laquelle eux-mêmes de sont pas soumis… Peut-être parce qu’Emmanuel Macron a compris que la police était son seul rempart armé contre le peuple en cas de rébellion
Autant d’incohérences, de flous, et de questions sans réponse obligent à un constat douloureux. L’accès aux espaces publics conditionné à la présentation de données de santé personnelles est une rupture inédite dans le contrat social de chaque individu par rapport à son intimité. Cette décision inique balafrera le pays bien au-delà de la période Covid. L’histoire atteste qu’une atteinte aux libertés disproportionnée en regard de l’objectif poursuivi se solde toujours pas un échec sociétal à court, moyen ou long terme. La pays est bel et bien fracturé : il y a désormais ceux qui se satisfont de ces changements et ceux qui les refusent. Reste à savoir quand toutes ces inepties finiront… mal de toutes manières.
Jérôme ENEZ-VRIAD







