La crise financière qui secoue le monde occidental, depuis quatre ans, attaque et fait chanceler aujourd’hui tous les secteurs de l’économie. Cette crise va provoquer de nombreux bouleversements en Europe, entre autres régions du globe, et ne laisse par ailleurs aucun champ sociétal indemne.
Le secteur de la culture n’est pas épargné. La pression sur les finances publiques pourrait amener les politiques et les institutions à sacrifier en premier lieu ce qui apparaît moins vital en cette période de crise brutale ; une phase dont on est encore loin d’imaginer la durée.
Cette tendance, associée à la baisse globale des opérations de mécénat à l’échelle du continent, annonce dans le domaine culturel l’avènement d’un modèle performant réservé jusqu’ici à d’autres secteurs (santé ou éducation par exemple). Un modèle mettant l’accent sur le contrôle des coûts plutôt que sur la variété et la pertinence des productions.
La Bretagne, du fait de l’incroyable répartition du budget global de la Culture en France (80% des dépenses de l’État sont destinées à l’Ile-de-France dans ce domaine), et de l’importance de l’activité et des événements artistiques dans notre région, va se retrouver en première ligne face à ces bouleversements.
Ici plus qu’ailleurs les changements annoncés, en termes de soutiens à la création, en termes d’aides aux événements périodiques, en termes de lisibilité pour les créateurs eux-mêmes, vont engendrer des remises en questions douloureuses.
Au-delà de ces ajustements économiques inéluctables, il est opportun de citer Uffe Elbæk, ministre de la Culture du Danemark, pour qui : « l’art et la culture permettront dans les années qui viennent de faire émerger des réponses à ces changements sociétaux massifs auxquels va devoir faire face le continent. »
Autrement dit, malgré cette adaptation forcée à une économie de crise, c’est bien la culture qui devrait nous permettre de réinventer une Europe qui doute et se cherche des raisons d’exister autres qu’économiques. Gageons que la Bretagne saura apporter sa pierre à l’édifice !







