Et le foot encore moins. C’est merveilleux, surtout quand c’est le Président de la République qui en parle : « C’est une très mauvaise idée de politiser le sport » a-t-il affirmé le 17 novembre dernier à trois jours du lancement de la Coupe du monde au Qatar. Et il poursuit : « Et que la question soit climatique ou qu’elle soit des droits de l’Homme, il ne faut pas se les poser à chaque fois que l’événement est là. C’est au moment où on l’attribue qu’on doit se la poser ». Sur ce dernier point il n’a pas tort. Pourtant, il affirme dans cette même intervention, que c’est par le biais du sport que des pays qui ne s’adressent pas la parole arrivent à se parler. Exact. Sa conclusion ? Ne critiquons pas la Coupe du Monde au Qatar et passons notre chemin. Etrange…

En même temps (sic), si le sport ne fait pas de politique, il semblerait que la politique s’intéresse de très près au sport :

1/ Rappelons que la Fédération Française de Foot est une délégation du service public par l’intermédiaire du ministère des Sports. Par essence, elle entretient donc un lien direct avec le gouvernement. On pourrait donc arrêter la démonstration à ce niveau. Mais poursuivons avec quelques exemples :

2/ Quand Emmanuel Macron parle de l‘OM avec Mcfly et Carlito à l’Elysée, il n’instrumentalise pas ?

3/ Et quand le même Emmanuel Macron fixe les objectifs pour les JO 2024 : « Le bilan n’est pas tout à fait celui que nous attendions (…) À la maison, il faudra faire beaucoup plus ». Avec cette phrase, ne fixe-t-il pas un objectif, celui que le pays fasse partie des cinq meilleures nations olympiques en 2024 pour les JO de Paris ?

4/ L’exclusion de la Russe de toute compétition sportive, ce n’est pas un geste politique ? Qu’il soit compréhensible, c’est autre chose…

5/ Le fait que les équipes du Pays de Galles et de l’Ecosse soient reconnues en compétition officielles, mais pas celle de Bretagne, ce n’est pas politique ?

6/ Que les Etats-Unis ne participent pas aux JO de Moscou en 1980, ce n’est pas politique ?

7/ Qu’Israël joue en Coupe d’Europe comme la Turquie, ce n’est pas une décision politique ?

8/ Et on ne dira rien sur la réception des champions du monde « Black-Blanc-Beur » à l’Elysée…

Et la liste est longue des décisions politiques qui égrainent la vie de nos compétitions. Alors, oui, il est possible – et démocratiquement sain – de critiquer le choix du Qatar comme hôte de la Coupe du Monde 2022. Là où Emmanuel Macron a raison, c’est qu’on aurait pu commencer il y a 12 ans. Vive l’Equipe du Pays de Galles puisque la Bretagne n’a pas droit à son équipe !

Hervé DEVALLAN

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