Bien des mésaventures nous auront secoués durant la pandémie du Covid-19. Ce furent autant de confinements, de tests antigéniques et autres injonctions vaccinales qui relèvent désormais de l’histoire ancienne. Et pourtant ! Seules deux courtes années nous en séparent. Mais le monde est ainsi fait, et un tourbillon chasse l’autre déjà plus rapide que le précédent.
La France congédiée du Mali comme une malpropre… L’enlisement d’un conflit en Ukraine sous le joug des Américains soucieux d’engager une lutte sournoise contre la Russie de Poutine… Le retour de la menace nucléaire comme aux pires heures de la Guerre froide… Une inflation galopante jamais vue depuis quarante ans… Non ! Rien ne va plus. Malgré les cocoricos traditionnels, notre sacro-sainte liberté bascule sous l’égide tentaculaire de Bruxelles, et l’influence démocratique se dilue au bénéfice des dictatures chinoises et islamistes, sans oublier certains régimes autoritaires non moins dangereux.
Ce nouvel ordre mondial prend forme dans une lenteur furtive, presque à pas comptés, Pianissimo dirait les Italiens dont les urnes se sont récemment exprimées avec rudesse ; tout cela est néanmoins perceptible à travers nos occupations routinières dont la brume dissimule le grand horizon à venir. Et comme les difficultés se nourrissent toujours d’obstacles et d’embarras multiples, voici en plus qu’une crise énergétique frappe aux portes de cette miséreuse Europe-mollusque fracassée dans sa propre coquille. Moult restrictions drastiques face à un hiver rude se mettent en place. Les Bretons se privent. Regardent les prix. Une véritable paupérisation s’installe sous les yeux indifférents des plus riches.
Doit-on accepter – et pour combien de temps encore ? – l’emprise asservissante de commissaires bruxellois non-élus en espérant que leur engeance finisse par s’éteindre d’elle-même comme les dinosaures ? Jusqu’où la passivité nous mènera-t-elle face à ce concert de mégalopoles tentaculaires… Face à cet avenir promis du gigantisme…Face à ces inquiétantes multinationales dont les propriétaires sont plus riches que ne le furent jamais tous le pharaons réunis… Face aux émergences chinoises, africaines et indiennes qui bientôt vont nous exploser à la figure… Oui ! Que doit-on accepter et jusqu’où ?
Les démocraties occidentales n’ont jamais été aussi fragiles depuis un siècle. C’est ici que doit intervenir le régionalisme. Le sujet est fondamental. Peu de Bretons font l’effort d’y réfléchir, contrairement aux Ecossais… aux Irlandais… aux Gallois… aux Catalans… aux Corses… qui tous semblent avoir compris ce qui les attend s’ils ne prennent pas leur destin en main. C’est en période trouble que l’on observe les peuples suffisamment forts pour en découdre avec ce qui les asservit. Soyons fiers d’être Bretons. Rien ne s’acquiert sans la volonté tenace d’obtenir ce que l’on souhaite. Répétons-le autant de fois que nécessaire. Soyons fiers d’être Bretons. Et agissons. Vite.
Jérôme ENEZ-VRIAD
© Novembre 2022 – J.E.-V. & Bretagne Actuelle







