McKinsey… Au-delà du scandale d’État qui tombe à pic pour les opposants présidentiels à Émmanuel Macron, l’affaire McKinsey révèle l’inquiétante incurie de l’État quant à la gestion de sa haute fonction publique.

Mieux, elle montre que cette dernière ne sert plus à rien. On savait déjà qu’au niveau local, les employés municipaux étaient utilisés comme réserve de voix pour les Maires en place à chaque élection municipale. On apprend aujourd’hui que le gratin de la fonction publique n’est même plus capable de penser, de conseiller et de guider la politique de l’État. Car oui, c’est bien le cabinet McKinsey qui a piloté la crise sanitaire, avec une facture de plus de 12 millions d’euros à la clé. Loin devant d’autres « conseilleurs » privés. Au final, l’ensemble de ces prestations a augmenté de 45% en 2021 vs 2020.

Certes, les ministres ne sont pas là pour avoir des idées, juste pour communiquer. Mais quand même ! De là à confier la stratégie de notre politique sanitaire (et de toutes les autres !) à des cabinets majoritairement américains, dont en particulier McKinsey, par ailleurs conseiller du gouvernement US et du laboratoire américain Pfizer, il y a un pas. Un pas de géant franchi dès l’élection de François Hollande, qui fût le 1er président, à l’époque, à ne pas pouvoir attirer les meilleurs hauts fonctionnaires dans les équipes ministérielles de son gouvernement, tous enfuis dans le privé, bien à l’abri de notre État en faillite.

Au-delà d’une défaillance de nos élites, et malgré notre administration pléthorique, ce qu’illustre cette crise, c’est l’absurdité de notre système. Plus nous produisons de fonctionnaires, plus nous avons recours au privé pour que notre système fonctionne. Quelques exemples ?
– Enseignement : on veut une bonne école pour nos enfants ? On passe dans le privé.
– Transports : les autoroutes sont payantes
– Santé : comment faire sans une mutuelle devenue obligatoire ? Et on ne parle pas des cliniques !
– Sécurité : la police municipale ajoute au poids des impôts locaux… en attendant les milices privées.

Nous voyons donc que nos impôts sont les plus élevés au monde (n°1 des 122 pays de l’OCDE depuis 3 ans), et qu’ils produisent surtout des emplois inutiles, voire des services inexistants.
Et si on mandatait un cabinet de conseil américain pour se pencher sur la question ?

Hervé DEVALLAN

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