La voiture électrique est devenue la solution à tous nos péchés es mobilité. Et comme on peine encore à vanter les mérites d’un Brest – Marseille en en tout électrique (sauf à disposer de 48h devant soi…), on nous vend la bonne conscience des moteurs hybrides. Ils seraient l’Alpha et l’Omega de nos problèmes de CO2. A tel point que les flottes d’entreprise n’ont plus le choix : hybride, électrique ou rien.  Vive la liberté ! Pourquoi pas… Si on ne passait à côté d’un seul critère : la consommation ! Car pour ne retenir que le gros du volume, n’oublions pas que les moteurs hybrides (20.7% des ventes en Europe au troisième trimestre 2021) sont aussi équipés de moteurs thermiques à essence ou diesel.

Et combien de propriétaires de véhicules rechargeables peuvent ou pensent à recharger régulièrement leur batterie ? Combien parcourent les 40 km (en moyenne) d’autonomie électrique que permettent ces mêmes batteries ?  Bref, les voitures hybrides roulent trop souvent au « fossile ». Mieux encore, généralement plus lourdes, elles consomment davantage. Et là, on passe souvent du 8l au 100 km à plus de 12l sur autoroute. Eco-logique tout ça ?

A l’heure où les moteurs à essence et diesel consomment de moins en moins, quitte à disparaître à partir de 2035, l’argument écologique ne convainc plus. Un constat que partagent l’ensemble des propriétaires de voitures hybrides rechargeables. Bien sûr, le lobby des constructeurs sort ses chiffres qui contredisent cette réalité. Ils mettent l’accent sur des données des « non rechargeables » en cycle urbain.

On cite. Selon une étude de l’Ifpen (IFP Énergies nouvelles est le successeur de l’Institut français du pétrole) publiée fin 2020, les véhicules hybrides (non rechargeables) émettent en moyenne 12 % de moins de CO2 qu’un véhicule essence similaire. Ce gain s’élève à 33 % en ville, alors qu’il est quasi nul sur des tronçons autoroutiers. Un hybride rechargeable, conduit avec souplesse (sic) et rechargé systématiquement, est « aussi bien capable d’approcher le zéro émission », en roulant en électrique la plupart du temps, analyse l’Ifpen. A ce rythme-là, le meilleur moyen de ne plus émettre de CO2 est encore de ne plus circuler.

Des statistiques surprenantes. On pense alors au dieselgate de 2014, une fraude sur les émissions de CO2 et surtout de l’oxyde d’azote des moteurs. Entre l’usage et la théorie, il y a un monde. Mais qu’importe. Tant que les primes à l’achat sont généreusement distribuées, tant que les malus sur les grosses cylindrées tuent le marché du neuf, le rationnel n’aura pas droit de cité. Et puis quand on pense que Ferrari va bientôt se mettre à l’électrique…

Hervé DEVALLAN

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