Mustapha Laabid, député LaREM, vient d’être condamné à trois ans d’inéligibilité pour abus de confiance. Il a en conséquence – n’importe qui l’aurait fait à moins – démissionné de son mandat de député le 6 septembre dernier. Mais qui est au juste monsieur Mustapha Laabid ?
Issu de la Ière circonscription d’Ille-et-Vilaine et définitivement condamné en novembre 2020 par la cour d’appel de Rennes à huit mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende plus trois ans d’inéligibilité, l’élu breton s’était pourvu en cassation. Perdu ! Il a été débouté de ses prétentions à faire valoir son honnêteté le 16 juin 2021. Sa condamnation est donc définitive.
Monsieur Laabid est reconnu coupable d’avoir « emprunté » 21.545 euros (plus d’un an de smic !) dans le budget d’une association d’insertion pour régler des achats courants et partir en vacances à Marrakech. Face à une telle circonstance n’importe qui ferait profil bas, éventuellement présenterait des excuses et s’en irait discrètement ; en tout cas, il ne viendrait à aucun homme élégant de larmoyer sur les réseaux sociaux, loin de là. C’est oublier trop vite que certains n’ont que faire de l’amour-propre dès lors qu’ils sont acculés.
Et Monsieur Mustapha Laabid d’insister sur la « dénonciation anonyme » qui lui a valu un tel traitement – le délateur serait, en fait, plus coupable que le fraudeur ! –, un « traitement expéditif et hors norme » dont il souhaite faire croire qu’il n’est réservé qu’aux victimes d’acharnement judiciaire ; et de poursuivre : « Il y a eu l’affaire Laabid, parce que Mustapha Laabid est devenu député », ce qui semble plutôt rassurant ; pour enfin conclure ainsi : « Une grande partie d’entre vous sait à quel point mon engagement a toujours été sincère. » Certes. Preuve est cependant faite que la sincérité ne fait pas l’honnêteté. On peut être franc, direct, de bonne foi, loyal même, mais être aussi un fieffé voleur.
En résulte un calcul simple. Sur les 314 députés que possédait LaREM aux belles heures de ses succès électoraux, 47 (soit 15%) ont quitté le parti, certains de plein gré, les autres de force après une condamnation judiciaire. Avec 46% de députés, La REM n’est désormais plus majoritaire à l’Assemblée Nationale, ce dont les presses bretonne et française s’abstiennent étonnamment de parler, comme de la condamnation de sieur Laabid, d’ailleurs. Qu’importe. Nous savons depuis Boileau que la censure décuple les élans de la révolution qui la fera sauter. Vive la Bretagne honnête et probe !
Jérôme ENEZ-VRIAD
© Septembre 2021 – J.E.-V. & Bretagne Actuelle







