La participation aux élections régionales et départementales est une catastrophe. Tout le monde y va de sa petite explication : relâchement post Covid, début de l’été, démotivation généralisée, thèmes nationaux, professions de foi non distribuées, … On en passe et des meilleurs.  En revanche, on oublie trop souvent de souligner :

1/ Que dans le reste de l’Europe, les élections régionales connaissent un vrai succès. La réponse à la question de l’abstention serait peut-être à trouver du côté du rôle et du poids de nos régions, non ? Ce n’est pas le tout de les avoir transformées en Lander sans âme ni charme (et je ne parle pas de leur nom : grand Est, Centre…), encore faut-il leur confier de vraies missions et un rôle politique. Que pèse la Bretagne face aux Pays de Galles, à la Bavière, à la Catalogne ? Regardez leur budget et leur compétence et vous comprendrez que gérer un lycée et la mobilité interurbaine n’attire pas les foules. Pas besoin d’élection et d’une myriade de conseillers pour ce genre d‘action. Est-ce qu’on élit les préfets aux pouvoirs bien plus puissants et régaliens ?

Le record d’abstention est donc – peut-être – à chercher de ce côté : pas d’incarnation et aucun pouvoir. Donc aucun enjeu.

2/ La preuve : la seule région qui a voté à près de 50%, c’est la Corse. L’enjeu était de taille. Conserver les nationalistes au pouvoir ou installer les partis français. Les électeurs étaient donc motivés ! A tel point que la Corse ne figurait plus sur la carte de France des TV nationales montrant le découpage, gauche / droite du pays le soir des résultats. En effet, ou classer les autonomistes ? Et par la même occasion, personne n’a relevé qu’en Corse, le vote régionaliste chasse celui du RN. Et si la réponse était tout simplement là : des régions fortes, au pouvoir réel et identitaire pour une reprise en main de la démocratie. La Corse nous montre le chemin, mais manifestement dérange une République Jacobine toujours tournée vers Paris et uniquement Paris. Il est plus facile d’accuser le soleil pour expliquer l’abstention ! Et Dieu sait qu’il fait beau en Corse !

Bref, hormis la Corse, qui se bat pour plus de pouvoir dans nos régions ? Surtout pas les présidents en place (tous réélus) qui se servent de ces territoires comme d’un marche pied ; sûrement pas la gauche jacobine et altermondialiste ; sûrement pas l’extrême droite qui veut voir disparaître ces provinces. Les Verts ? Ils montrent leur amateurisme au fil des décisions communales.

Mais la Bretagne, n’est pas le Corse. Malheureusement pour nous, pauvres électeurs. Il semblerait qu’en Bretagne, nous ayons les dirigeants que nous méritons.

Hervé DEVALLAN

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