Les Bretons représentent un pourcentage non négligeable de la population française. Le rôle de la Bretagne n’est toutefois pas celui qui devrait être le sien à l’échelle française. Il en est de même avec la France dans l’Union européenne, dont la place et l’action se réduisent à une insignifiance de plus en plus flagrante.

De la maternelle au bulletin de vote, on nous laisse croire que la Bretagne ne peut rien faire sans la France, et la France pas davantage sans l’Europe, si ce n’est se diluer comme une aspirine dans trop d’eau ; alors que les places de l’une et de l’autre sont essentielles au sein des rôles qui devraient leur êtres assignés. L’Europe se disloquerait à coup sûr sans la France, et cette dernière s’effondrerait sans la Bretagne. Attention ! Nul question ici d’économie ou de politique. Loin de là. Mais d’influences culturelles, spirituelles et morales. Comment avons-nous ainsi pu accepter des rôles subalternes délayés dans un jacobinisme de poupées russes ?

Observons l’Europe dans le monde actuelle, en particulier la Communauté européenne telle qu’elle s’effondre sur elle-même, et admettons que l’histoire est en train de rendre un verdict impossible à révoquer. Ce verdict établit la pérennité des nations et, devant leur poids décisif, la précarité des idéologies. C’est donc au nom de chaque nation que l’on s’efforcera désormais d’agir pour être efficace. La nation bretonne et la nation française doivent invoquer leurs propres valeurs en jouant d’intérêts respectifs et parallèles, mais surtout, en se servant de cette arme à nul autre pareil : le nationalisme, c’est à dire la reconnaissance par le peuple de son pays pour ce qu’il est, un et indivisible.

Le régionalisme est aussi indispensable à la Bretagne que l’est à la France de recouvrer son indépendance d’avant les traités de Maastricht, Schengen et Lisbonne. Oui.  Nous voici revenus au point de départ. Les révolutions et les armistices ont sorti le monde de sa barbarie. Si nous ne souhaitons pas y retourner, il faut refuser le choix des conservatismes au bénéfice des réformes. La Bretagne pour la Bretagne. La France pour la France. Et construire ensemble ce que nous faisons mieux que seuls. Il n’y a rien d’autres à faire. À moins de ne rien faire.

Jérôme ENEZ-VRIAD
© Avril 2021 J.E.-V. & Bretagne Actuelle

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