Max, tome deux ! Oui, nous avons eu l’occasion, dans un chapitre récent, d’évoquer déjà Max et les maximonstres. Remettons ça car nous ne nous en remettons pas !
Non plus du point de vue de l’hygiène collectif, étant entendu que les transports en commun contraignent à Max, ce qui semble d’assez bon sens dans cette période dite de pandémie. Dans les trains, ok, les avions, d’accord, et dès qu’une promiscuité trop promiscuitante l’impose, imposons-le-nous. Quant aux commerçants qui de manière exorbitante s’en affublent ou nous dress-codent, avouons que là, surtout à l’ouest d’un fil à plomb tombant du Havre jusque Perpignan, nous trouvons ça ou fantaisiste, tenant du bal masqué, ou franchement abusif. Chaque boutique y va de son règlement intérieur ou de sa police des mœurs, aussi de sa trouille d’une procédure, chaque famille aussi, les cousinades tiennent du casse-tête et ne parlons pas des funérailles ! Disons-le tout net, l’affaire individuelle ou commerçante, commence à nous courir ! Comme aurait dit Georges le Paimpolais, le pipard à la Jeanne, l’amoureux de l’Arcouest et de Püppchen, « la messe nous emmerde ! », la messe à Max évidemment !
Quant aux trottoirs, aux océans, aux rivières et à nos égouts, alors là, figurez-vous que nous ne nous marrons plus du tout ! Parole de grenouille qui va crever la gueule masquée et des dauphins itou. Sans compter les plages de l‘été où on ira se baquer sous un pavillon bleu au pied duquel s’élèveront des châteaux de masques. On déchante ! On en a trop ! Des masques cousus mains, avec ou sans logo, avec ou sans drapeau, en soie naturelle ou en double coque avec respirateur intégré, avec élastique ou lacets, les masques, messieurs-mesdames, nous transforment la ville en dépotoir et la nature en désastre.
Voilà qui est vraiment moche, totalement fou, mais il y a pire encore.
La France donc, parlons-en de la France. De ses régimes politiques complexes, multi-partidaires, double-caméristes et fichtrement démocratiques, humm ! Le masque va nous faire hièche un bout de temps ! On en prend pour dix ans de palabres, discutes et disputes ! Préparons-nous-y les amis ! On nous gonfle avec son manque en février, on nous présente des charters avec convoi policier en mars, des trafics divers entre nations en avril, aussi entre régions, entre supermarkets, et maintenant, outre la surproduction, on va nous bassiner avec des commissions d’enquête, pas une, par paquet de douze ! Pour savoir, chers citoyens qui les jetez partout, les oubliez dans vos poches, déplorez les machines à laver en vrac, les tuyaux de chiottes bouchés, vous allez savoir le comment, vous allez connaître le pourquoi et, au bout des bout, vous en aurez jusque-là !
Masques et bergamasques ! Gabriel Fauré, reviens !
Et en Bretagne ! Ahhh la chère, l’amoureuse Bretagne ! Elle a désormais pour capitale Plaintel, à moins que l’ex-usine Chaffoteaux du Légué ! Abdallah Chatila va nous mettre des masques bretons à la chaîne car nous aurions, en Bretagne, un esprit masque ! C’est ce qu’il dit ! Une culture masque ! Il dit exactement que « ce métier est ancré dans l’âme collective de cette région » sic ! Vous voyez ce que ce grand connaisseur de la culture bretonne a trouvé, que le député Le Fur approuve, l‘un et l’autre experts en âme collective. Sachez chers lecteurs, sachons qu’entre les menhirs, le fest-noz et le bon beurre, se glissent les mad-masques de Plaintel, une spécialité du pays ! Voyez la titraille : Un ami, libano-suisse et surtout plein aux as, en passe de devenir, rendez-vous compte, mi-conteur breton mi-masquier ! Max.bzh !
Après que Saint-Laurent ou Dior s’y soient mis, toutes les cousettes aussi, après que les usines de textile lyonnais -et dieu sait que les Canuts, hein, eux sont toujours tout nus, ont des savoirs faire en textile, voilà donc que Max sera Produit en Bretagne !
Ras les masques !
Gilles CERVERA
Chapitre 1 : Déjà marre de Max







