Max me fait rire, en fait. Max est un sujet infini, qui bouche non seulement la bouche et le nez, mais bien plutôt la pensée. Max empêche carrément de penser.

Le gouvernement manquait de Max alors il disait de lui qu’on n’en avait pas besoin. Puis Max est arrivé par avions cargos. Un pont aérien rien que pour Max ! Il a été volé, envié, trafiqué, même frelaté, comme si Max était mieux que l’héro, plus doré que les lingots, alors on a fait gaffe à Max. Des précautions infinies ! Par convoi policier. Max est enfin arrivé dans les officines ou dans les blocs, où des grands docteurs aux aides-soignantes tous connaissaient déjà Max, l’économisaient, le cajolaient, et là, pour le coup, le bien portaient et vite le jetaient. Brave Max ! Donc, Max est là. Tricoté, cousu-main, ourleté, car aussi toutes les suffragettes ont sorti les machines à coudre et on s’est filé Max par-dessus les grillages de jardin ou d’une porte à l’autre sur les paliers.

Vive Max.

Résumons. L’État a été mauvais. Très, très, c’est ce qu’il faut répéter. Et Sibeth, si intelligente qu’elle a d’abord dit que Max, elle n’avait pas du tout tort, n’était pas facile à porter !

L’État mauvais, très, mais les municipalités, pas meilleures. L’opposition dit que Max-Municipal n’est pas cerfaté, pas afnorable, mieux, l’opposition dit que s’il s’était agi d’elle, à la commande, Max eût été plus serré, mieux tissé, bien comme il aurait fallu qu’il fût. Le maire d’ici a poussé les feux contre la maire de là. Et il gagne des points avec Max quand il arrive plus tôt que dans la métropole, Bravo Max.

Le journal local ne parle que de Max. à toutes les pages, cinq fois par page ! Ce que je vous dis plus haut, le mauvais président et Max, les pas bons maires et Max, les suffragettes et Max, bref Max est partout d’un bout à l’autre du quotidien. Et même, parfois, outre les photos de personnalités avec Max, à leur bureau ou en situation, Max est en gros plan, en tas. Oui, lui-même, avec lacets ou élastiques !

Notons, c’est notoire, que le premier magistrat se montre avec Max dont la petite étiquette, et le président mauvais aussi, est tricolore ! Max à la République reconnaissante !

Résumons le résumé. Le gouvernement de Max : mauvais. Les maires et Max, nuls, bien que gratuits, offerts, distribués et vous savez quoi ? Personne ne veut de Max. Les gymnases sont déserts, car on a tellement manqué de lui que le citoyen se met Max où je pense. Il en a déjà ! Jusque-là de Max!

Dernière chose à propos de Max ! Dans le bus, d’accord. À table, non. Avec du rouge à lèvres, pas non plus ! Avouons-le entre nous, c’est que Max au final est extrêmement mal traité. Il pue de fait ! Il est moche en plus. Il défigure la population, laquelle est sereine avec Max, s’en satisfait, un peu chinoise sur les bords puisque tous aiment depuis tellement longtemps la Chine ! Car il faut les voir les gens, ils soulèvent Max pour respirer, pour parler aussi. Ils le touchent, l’ajustent, le corrigent, s’y mouchent, le lavent cent fois ou jamais, bref Max est le nouvel art de vivre !

Vous-souvenez-vous, vieux parents, aimés enfants, d’un beau livre de Maurice Sendak, publié et republié à l’école des loisirs, Max et les maximonstres ? Plus que ça dans la rue, la nuit, mais aussi en plein jour ! Un cauchemar !

Mais on est content.

Sauf moi qui en ai déjà marre de Max ! Pas vous ?

Gilles CERVERA

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