Quelle prospective ou quelles perspectives s'énoncent en particulier à la vue de cette photographie que viennent de révéler les élections européennes ?

Une indéniable victoire des Ecologistes. Et c’est une victoire qui va bien au delà, ou en dehors, du candidat même, parce qu’aujourd’hui l’essentiel tourne autour de ces préoccupations. On n’a jamais autant vu de manifestations, d’évènements, de conférences, de livres etc. autour des problèmes environnementaux jusqu’au questionnement même concernant l’avenir de l’humanité. Et l’autre préoccupation majeure est de pouvoir déjà s’en sortir dans le monde d’aujourd’hui. Et ce qui se dessine c’est bien pour certains la préoccupation de la fin du monde et pour d’autres celle de la fin du mois. Et on a beau vouloir ne pas les opposer il demeure que la véritable solidarité est encore peu effective. Elle ne l’est que bien trop peu encore dans les lois, et elle ne l’est, malgré toutes les associations, les initiatives de partages, d’entreprises solidaires, que bien peu ancrée dans les mentalités. Nous sommes dans un monde global tourné vers des préoccupations individualistes. On défend son continent (mais pas tant qu’il le faudrait, preuve en est) puis sa nation (principalement pour trouver un équilibre commercial, et pour gérer les flux migratoires), sa région, lieu de cette identité culturelle nécessaire qui ne soit pas pour autant signe de repli, puis sa commune … Mais à mesure que le périmètre de cette défense se restreint elle commence à changer de nature. Quand elle devient celle de son quartier (de plus en plus de quartiers s’isolent, se ferment… ), quand on ne pense plus guère qu’à cet entre-soi (culturel, cultuel), à sa famille, à soi pour se protéger d’un monde globalisé menaçant, là, ce repli devient dangereux. Il devient un refus de s’ouvrir et de voir que malgré tout on ne peut à la fois être pris dans les réseaux et en même temps totalement s’isoler pour ne penser qu’à se protéger.

Pour l’instant la guerre qui pointe est commerciale

On peut craindre qu’à considérer tous les dangers potentiels qui nous menacent l’avenir ne soit pas aussi rassurant que cela, et qu’on va vers du désordre, de l’anomie. Cette crainte est légitime face à tous les problèmes qui peuvent surgir : environnementaux, sanitaires (épidémies, antibiorésistance, etc.) et les conflits qui peuvent naître. Pour l’instant la guerre qui pointe est commerciale. Elle est vive entre les Etats-Unis et la Chine. Elle va l’être à mesure un peu plus avec l’Europe, peut-être entre les pays d’Europe eux-mêmes si la Chine continue son entrisme, notamment déjà avec l’Italie. Rien ne laisse présager du meilleur. Il est pour la plupart d’entre nous inenvisageable qu’on en arrive à des conflits. Pourtant il ne semble pas qu’on s’inquiète à cette vérité de La Palice, que souvent les plus simples et les plus prévisibles des scénarios se concrétisent. Il est fort à parier que dans les années 30 beaucoup pressentait le danger que représentait l’Allemagne. Un mal qui montait et face auquel on se sentait impuissant ou auquel on ne voulait pas croire. Et pourtant ! Aujourd’hui on les voit ces multiples dangers qui pointent, et pourtant on a nos « climato-sceptiques », et pas seulement chez des lobbyistes, mais tout ou en partie dans la mentalité d’une majorité, (sinon nous serions globalement plus actifs), encore attachés aux avantages que leur procure la situation actuelle, et ceux qui prônent la politique de l’autruche pour ne pas « se prendre la tête » avec ce qu’on ne peut véritablement prévoir. Il est vrai que toute tentative de prospective est hasardeuse tellement le monde paraît imprévisible sur tant de registres. Et puis dans le même temps rien ne semble tant que ça bouger. Nous continuons à consommer, le PIB augmente toujours (avec moins de marge, mais quand même), et c’est notre seul credo et boussole.

L’avenir promet sourdement encore d’être aventureux. Mais cela ne répond-t-il pas aussi à une envie secrète de l’homme ?

Michel OGIER

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