Sans doute est-ce la fin du premier épisode de l'affaire Benalla. Mais probablement y en aura-t-il un deuxième à la rentrée ?! C'est une affaire qui a eu une ampleur démesurée, avec des supputations, des conjectures, et beaucoup de discussions, mais, pour lors, sans trop de conséquences.

Ce qui est à noter cependant c’est qu’au début de l’affaire, une semaine après la révélation des faits, le premier Ministre Edouard Philippe, dit que l’affaire a été largement prise en main: «  En moins d’une semaine, une enquête a été commandée à l’IGPN, une information judiciaire a été engagée : gardes à vue et 5 mises en examen ; deux commissions d’enquête ont été décidées et les auditions ont commencé » . Une semaine! Et quelles décisions ?
Comparativement, la réaction a été bien plus rapide et efficace dans l’affaire Mamoudou Gassama q
ui a sauvé un jeune enfant en escaladant un immeuble parisien. Mamoudou Gassama a été reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée  deux jours après et naturalisé dans la foulée. Santo subito !
Voilà deux évènements qui ont une même source : une vidéo réalisée par un passant. Dans un cas le gouvernement s’en empare presque immédiatement pour prendre des mesures et en tirer une sorte de profit. Et dans un deuxième cas le gouvernement voudrait temporiser, agir avec précaution, s’assurer du contexte etc. Le gouvernement semble s’être fait piéger par ce qui lui a précédemment servi. Bien sûr, si l’acte exemplaire de Mamoudou Gassama n’avait pas été utilisé, ça n’aurait rien changé à l’affaire Benalla…
Mais on voit bien la déferlante que peut provoquer un témoignage oculaire quand il est capté en vidéo. Il y a une sorte de dictat de l’image (encore aujourd’hui cette jeune fille qui se fait gifler, ou les deux rappeurs qui se cognent à l’aéroport…) qui entraine des réactions immédiates et cela prend des proportions que personne ne contrôle. Si par exemple on n’avait pas ces images choquantes d’Alexandre Bennala en train de frapper quelqu’un à terre et apparement sans défense, on n’aurait pas ce besoin de justice lié à l’émotion que suscitent ces images montrées en boucle.
Avec un peu de recul demandons nous ce qu’il en est de ce qui n’est pas mis en lumière ? De ce qui n’est pas vu ou n’a rien de spectaculaire ! Et qui commence par des soupçons, des enquêtes, du contradictoire etc. Méfions nous de ne réagir que sous le coup de l’émoi et de nous focaliser sur ce que suscite le seul spectacle !

Michel OGIER

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Édito