Est Breton, Georges Perros l’a écrit, celui qui aime la Bretagne. Est-ce dans Poèmes bleus, la bio magnifiquement sublimée par les octosyllabes, ou dans les Papiers Collés où si peu est à jeter ?

Perros prend le bout de la définition par les sentiments ! Le meilleur mais le pire aussi ! On sait ce qu’il en est advenu de ceux qui aimant trop se rangèrent du mauvais côté.
Le peuple est un mot piégé. Car il est parlé en son nom. La Bretagne n’a pas de peuple, elle n’est pas un peuple, en dépit d’un journal et de son fameux titre. Pas non plus une communauté car ça foutrait beaucoup en l’air de ce qui s’est joué en 1789. La Bretagne vient d’avant, viendra après. Lire Danielle Sallenave à ce propos, L’églantine et muguet ! La Bretagne, rien qu’une géographie incroyable au bout de l’Occident qui est aussi l’autre bout de l’Orient.
Ne la mettons pas pour autant au centre du monde. Il n’en a pas !
La Bretagne est essentielle sans que nul ne l’essentialise. Gardons-nous en.
Aimons-la, servons nous-y d’idées. La Bretagne est une boîte à idées plus qu’une terre, plus qu’une presqu’île, des falaises, des tourbières, des oyats et des mouettes. Et des lotissements infinis qui se pressent pour regarder la mer, des clochers au milieu des bourgs et des mosquées sans minaret dans les quartiers de Rennes, Brest ou Lorient. Sans compter un stupa du côté de Plouray !
La Bretagne est une idée. Une somptueuse idée, multiple, plastique, chorégraphique que ni les discours politiques ne doivent récupérer, ni les industriels forts en label ne réduiront.
Gardons l’idée. Soyons bretons.

Gilles Cervera

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