Los Angeles, de nos jours. Sam est un grand benêt. La trentaine sans emploi. Il rêve de célébrité comme la moitié des habitants de la ville. Un soir, Sam fait la rencontre de Sarah, mais l’énigmatique voisine se volatilise en une nuit. Sa recherche pendra le temps du film au format d’un jeu de piste vénéneux. Disparitions. Meurtres. Scandales sur fond de conspiration. Sam se rend compte que Los Angeles n’est pas la ville du cinéma. Elle est le cinéma.
Les délires paranoïaques de notre trentenaire s’imprègnent de toutes les névroses des gens qu’il croise. Le monde est fou. Lui aussi. Au point d’inventer des mystères lorsqu’il n’y en a plus à explorer. L’imaginaire de la culture pop des 60’s est omniprésent. Les références sont multiples. Quasi labyrinthiques. Et puis le sexe. Obsession majeure de l’Amérique puritaine. Il est beaucoup question d’onanisme. David Robert Mitchell filme une Los Angeles idyllique, onirique et masturbatoire. L’époque n’est définitivement plus celle de David Lynch, nous sommes passés à l’heure numérique et, quand les informations de plusieurs décennies se percutent instantanément, on perd sans doute un peu la notion du temps. De l’espace. Du vrai et du faux.
Under the Silver Lake est une initiation ésotérique à la réalité d’une ville qui surpasse la dimension symbolique de son histoire. Gregg Araki apparait en surbrillance d’Alfred Hitchcock. Adam West et Batman sont là. Marilyn Monroe rejoue sa dernière scène comme l’épilogue de ce qu’est la vie angeline depuis le rêve hollywoodien. Autant d’indices iconiques à assembler. C’en est presque religieux. Une mythologie réinventée. Sorte de folie contemporaine aux confins de la décadence dont le spectateur cherche sans cesse à décrypter les signes. Tous les personnages que rencontre Sam nourrissent leurs échecs du fantasme de leur réussite. Ils sont à la recherchent des princes d’Hollywood comme une allégorie biblique qui aurait quitté les bords du Jourdain pour rejoindre ceux du Pacifique.
Un film à voir. A revoir. Et revoir. Encore. Plusieurs fois.
Jérôme Enez-Vriad
Under the silver lake, un film américain de David Robert Mitchell avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace…












