Trust a d’énormes vertus pédagogiques. Et la descente aux enfers de la jeune Annie respire tant l’authenticité par moments qu’on s’accorde à penser que les choses pourraient se passer « exactement comme ça » dans la vraie vie, celle où des hommes âgés séduisent des écolières sur le net en se faisant passer pour teenagers. Sauf que cette fibre authentique n’est portée au fond que par l’excellente Liana Liberato dans le rôle d’Annie, et par des rôles secondaires tels que sa psychologue ou encore l’enquêteur principal. Par le scénario peut-être, implacable de logique, hormis qu’on ne comprend pas pourquoi les photos que la jeune fille reçoit sur son ordinateur au début de l’histoire ne sont plus jamais évoquées au cours de l’enquête…
Car ses parents, interprétés par Clive Owen et Catherine Keener, semblent eux tout droit issus d’une série télévisée, alignant avec professionnalisme tous les poncifs des parents éplorés ou au bord légitime de la crise de nerf. De fait, en dehors encore une fois de l’aspect édifiant et pédagogique du film, cette direction d’acteur un peu flottante ne permet pas au spectateur de s’immerger complètement dans l’histoire. Saluons tout de même encore une fois la justesse de jeu des adolescents, comme lors d’un repas d’Hallowen plombé, et aussi le parti pris de ne pas avoir choisi de fin ni morale ni spectaculaire. Le message n’en est que plus fort, mais le film plus terne.












