Le cas Richard Jewell de Clint Eastwood HermineHermineHermine

Le nouveau film de Clint Eastwood est inspiré d’une histoire vraie. Nous sommes à Atlanta. Jeux Olympiques d’été. 1996. L’agent de sécurité Richard Jewell donne l’alerte avant que n’explose un sac à dos suspect. De nombreuses vies seront épargnées mais, en quelques jours, Jewell passe de héros national à suspect numéro un. Après l’avoir encensé, le FBI et la presse se déchainent contre lui.

Comme toujours chez Clint Eastwood, le film est didactique, presque scolaire, rien n’est oublié ni laissé au hasard. Sentiments. Émotions. Passion. Le spectateur est pris par la main dans ce qu’il a de plus instinctif pour encenser un héros ordinaire et fustiger la malveillance de ceux qui voudraient lui nuire. Le cas Richard Jewell illustre les différentes chasses aux sorcières irraisonnées qui peuvent détruire une vie. Eastwood s’attarde sur la personnalité atypique de son protagoniste, possédant tous les attributs d’un merveilleux coupable. L’affaire Dreyfus revient en mémoire. Polanski n’est pas loin.

Certains (peut-être davantage certaines) verront dans ce film un héroïsme à l’américaine saturé par une vision caricaturale de la femme ; la journaliste, merveilleusement interprétée par Olivia Wilde, n’hésite-t-elle pas à coucher avec un cadre du FBI pour obtenir des renseignements ? Pas vraiment #MeeToo dans l’esprit ! Certaines retiendront donc avant tout cela. Oui. Et elles auront tort. Car, bien que Richard Jewell ait finalement été blanchi après 88 jours d’interrogatoires éprouvants et l’arrestation du véritable coupable en 2003, aux yeux d’une certaine l’Amérique, il reste toujours suspect. Tel est le véritable sujet du film. L’innocence malgré l’opprobre de la foule.

Alors qu’il s’agit là d’un film de droite

Avec Le cas Richard Jewell, Client Eastwood signe une hagiographie de « son Amérique à lui ».  L’histoire devait à l’origine être filmée par Paul Greengrass. Jonah Hill dans le rôle-titre. Leonardo Di Caprio dans celui de l’avocat. Cela aurait donné un autre film. Un film de gauche, alors qu’il s’agit là d’un film de droite. Mais attention ! Une droite objective.  Car le héros n’est pas celui qui, grâce à son extrême vigilance,  a sauvé la vie de centaines d’inconnus un soir de juillet 1996. Non. Le héros est plutôt celui qui a tenu droit dans ses bottes contre la meute au milieu de la tornade médiatique et judiciaire. Une fois encore est-on obligé de revenir à Dreyfus et Polanski. Et aux médias vautours partisans d’une justice au doigt levé.

Jérôme ENEZ-VRIAD

Le cas Richard Jeweel, un film de Clint Eastwood
Avec Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bates, Jon Hamm et Olivia Wilde
129 minutes – Sortie en France le 19 février 2020

 

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Drame