Alexandre vit à Lyon avec sa femme et ses enfants. Il découvre par hasard qu’un prêtre responsable d’abus sexuels auprès de jeunes scouts officie toujours avec les enfants. Alexandre se lance alors dans un combat contre cette ineptie. Mais les répercussions et conséquences de ses aveux ne laisseront personne indemne.

Tout commence par un père de famille nombreuse, catholique pratiquant, premier à se manifester auprès du diocèse de Lyon pour dénoncer des attouchements répétés par un prêtre dont il fut victime trente ans auparavant. Reçu par le primat des Gaules, l’homme constate l’absence de sanction envers son agresseur et décide de porter l’affaire en justice.
Avec Grâce à Dieu, François Ozon remonte le fil d’une affaire tragique en respectant son sujet et ses personnages. Le réalisateur ne sacrifie rien sur l’autel d’un thriller à sensation. Au contraire. Son film est très documenté. Il raconte plusieurs histoires véridiques qui s’entrecroisent dans l’horreur de la pédophilie cléricale. Au-delà des crimes abjects d’un homme d’église censé protéger les plus faibles – à fortiori des enfants dont il fera ses victimes –, toute la hiérarchie ecclésiastique est ici mise en cause puisqu’il est avéré que le diocèse de Lyon était au courant depuis longtemps… sans jamais rien faire.
Un film fort et important qui parle aussi de la culpabilité, du pardon nonobstant l’impardonnable, de la religion, du silence, du rejet, de la peur… Grâce à Dieu dérange et c’est tant mieux. Pour une fois qu’un cinéaste illustre les institutions vaticanes pour ce qu’elles sont vraiment, c’est-à-dire une bureaucratie de la foi dont les mensonges nourrissent les fables et abusent les dupes. A voir. Pour savoir.
Jérôme ENEZ-VRIAD
Grâce à Dieu, un film de François Ozon – Avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Eric Caravaca, et la participation de Josiane Balasko
Sortie le 20 février 2019 – 137 minutes












