Peu nombreux. Rares. Des Résistants.

Grand R.

Des Magnifiques, grand M. Des Hommes Libres, grand H et grand L.
Et quelques autres dont Jafar Panahi. Allez de toute urgence voir Aucun Ours. Son dernier film qui l’a fait mettre en taule, si l’Iran n’en est pas une, de taule, à ciel ouvert.

L’Iran ne se distingue plus, l’ancienne Perse, la civilisation des civilisations que par la torture, la déshumanité, les contraintes de corps -et d’esprit.

Et l’Afghanistan, et la Russie, des prisons à ciel ouvert. Des patries de tri.

En Iran, pour y rester, Jafar Panahi ne peut assister à la révolution en cours, ni accompagner en filmant les milliers de femmes qui se dévoilent. Il ne peut depuis sa cellule qu’entendre les cris de celles qui crient et les pleurs de celles et ceux qui meurent.

Je rêve, nous rêvons que Panahi depuis sa prison entame un film comme il l’a toujours fait et que rien, ni personne, ne l’arrête. Son renom est tel qu’il est encore vivant. Peut-être seul et sans équipe de tournage, avec les coreligionnaires, il filme encore, trouve des solutions, avec un smartphone ou une go-pro invisible… Espérons.

Sa vie tient à sa force de vie, et surtout à ses œuvres, plus fortes que tous les dictateurs.

L’art est plus puissant que les mollahs. La création est plus déterminante que tous les gardiens des religions.
Ouf.

Ouf. Rushdie n’est pas mort même si un frapadingue peut encore chercher à exécuter la folle fatwa d’un curé taré. La religion, quand elle défend dieu avec les armes, les prisons et les menaces de mort ressort de son contraire.

Point c’est tout.

Combien d’écrivains, de cinéastes, d’artistes, de photographes ou de vidéastes, de bédéistes ou de musiciens créeront encore et toujours en notre nom, au nom des hommes libres et des femmes libres du monde ? Combien ils sont dans leurs ateliers, leurs salles de montages à fabriquer des brûlots de liberté libre, à les arracher au silence d’avant et aux censures d’après ?

Combien ?

Combien de journalistes tués ? Combien d’artistes tus et combien parlent malgré tout ?

Pas si nombreux.

Admirons Rushdie dont l’œuvre nous éclaire et Jafar Panahi, enchantons quelques Chinois du dedans, quelques écrivains, admirons-les, lisons-les, apprenons de leurs œuvres.

C’est être un tout petit peu, minusculement résistants, d’aller voir Aucun ours, l’applaudir. Applaudir Jafar Panahi, qu’il entende un vague bruit de nos mains depuis sa cellule et Rushdie avec sa condamnation à mort à vie.

Bonne fin d’année.

Bonne fin damnée de l’autre côté de la nuit !

Gilles CERVERA

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