Véritable autobiographie, « Tous chemin mène à Rome » raconte l’histoire d’un jeune zaïrois trop pauvre pour poursuivre ses brillantes études et assez buté et optimiste pour se dire que le bonheur est à Paris.

Son long voyage commence à pied et finit en avion et va durer plusieurs années. Passant par le Congo et le Gabon (en pleine guerre indépendantiste), Victor Massiandoki va multiplier les petits boulots, les amitiés, les entraides « en famille » et les allers retours aux ambassades françaises et belges pour obtenir ce foutu visa touristique et… sans retour !
Dans un style qui, de prime abord, semble au mieux innocent, voire enfantin et qui au fil des pages s’avère être un premier passeport pour l’Afrique, son rythme, son art de vivre, sa culture et finalement une autre façon de voir le monde et ces certitudes d’européens convaincus. A tel point qu’on se demande pourquoi quitter ce « paradis » ! L’herbe est-elle vraiment plus verte ailleurs, et surtout à Paris ? Non, bien sûr, mais Victor y est convaincu de trouver son paradis. Menuisier depuis toujours, il continue à pratiquer ce joli métier encore aujourd’hui. Et finalement à devenir français (après plusieurs squattes et une demande d’asile comme réfugié politique !), ayant réussi à faire venir son épouse dans son pays d’adoption. Si la route fut longue, elle reste mémorable et irréversible. Au final, Victor Massiandoki n’est ni zaïrois, ni français, mais « citoyen du monde » comme il l’affirme dans les dernières pages de son livre. Une chose est sûre, il aurait pu devenir breton : pas besoin de passeport, un supplément d’âme suffit. Ce qu’il semble disposer aux vues de son aventure Humaine !
Hervé DEVALLAN
« Tout chemin mène à Rome » de Victor Massiandoki aux éditions Jean Picollec, 224 pages, 15€












