Héloïse Guay de Bellissen « Le Roman de Boddah » HermineHermine

A cette présentation de roman, l’on préfèrera tout de même parler de biographie déguisée, car ce nouveau livre d’Héloise Guay de Bellissen, raconte l’histoire de Nirvana.

Héloïse Guay de Bellissen « Le Roman de Boddah »Note : 2 sur 5

Sans se cacher sous un nom d’emprunt, Kurt s’y appelle bien Kurt, Courtney Courtney et oui l’on y croise Dave et Krist. Et même Booddah, l’ami imaginaire de Kurt devenu, ici principal narrateur, qui a réellement existé si l’on peut s’exprimer ainsi.

Dans ce livre, c’est lui qui nous raconte l’histoire d’un groupes de jeunes punks, pardons, de jeunes paumés, qui accéderont au statut de gloires internationales. Le biais du roman permet surtout de contourner le problème de l’énième biographie sur un groupe dont la littérature s’étale déjà sur plusieurs rayons de bibliothèque, et d’assouvir une envie. Car il semble évident que l’auteur est une fan et qu’elle avait très envie de partager sa passion. On imagine qu’elle a puisé sa matière première dans les nombreux ouvrages déjà parus, celui de Michael Azerrad (Come As You Are), de Charles R.Cross (Heavier Than Heaven) ou encore d’Everett True (Nirvana : The True Story) sans oublier Le Journal de Kurt Cobain traduit en France par une autre journaliste très admirative du groupe, Laurence Romance.

Il y a un piège à ce genre de récit, les scènes imaginées (ou fantasmées) sont invérifiables et nous laissent généralement sur notre faim, tel les dialogues privés, mais tout le reste est gravé dans le marbre et déjà connu des fans. Aussi, l’histoire laisse peu de surprise sur la finalité, il va se suicider à la fin non ? Et quelques détails titillent l’amateur éclairé telle cette affirmation : Nulle Part Ailleurs est la première télé française. C’est oublier Rapido deux ans plus tôt.

Héloïse Guay de Bellissen n’est pas la première française à s’essayer à ce genre très prisé outre-Manche et aux Etats-Unis de biographie romancée, David Brun-Lambert avait dessiné la destinée de Pete Doherty (Boys In The Band, Denoël), Busty celle d’Amy Winehouse (Black, Naïve) et Ann Scott déjà celle de Nirvana (Asphyxie, Florent Massot). Pour les personnages historiques pour lesquels il est difficile d’avoir des témoignages de première main, elles sont bien évidemment légion.

On aurait aimé un peu plus de fantaisie et de folie, surtout dans les dernières pages. Faire mourir Kurt Cobain par exemple n’était pas une nécessité, ça c’est la réalité, j’aurais préféré qu’il vive encore quelque part, comme Elvis et Michael Jackson, pour aller lui serrer la louche. Et lui dire que c’était putain de bien quand même sur scène ! Trop scolaire pour véritablement convaincre est mon avis.

Christian EUDELINE

Héloïse Guay de Bellissen « Le Roman de Boddah » aux éditions Fayard, 336 pages, 19€

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Livres