Loin de son dernier roman hypnotique « Plage », Marie Sizun visite cette fois une zone d’ombre qui touche plus qu’on ne croit l’enfance : la solitude.
Loin d’être pessimiste, ce roman montre comment les êtres humains, à condition de se voir et de s’écouter peuvent faire des miracles ! Peut-on souffrir de la solitude lorsqu’on a une mère et de surcroît aimante? Qu’est-ce qui pousse Sabine à l’écart, en marge de ses camarades, indifférente à ses études et à elle-même?
La fracture sociale n’est pas un vain mot ! Dans son lycée chic où sa mère a mis un point d’honneur à l’inscrire, rien ne va plus ! Ses notes sont de plus en plus nulles ! Face à la décontraction de celles qui ont des mères riches et élégantes, Sabine se sent décalée, dépossédée d’elle-même. D’abord, il y a eu son père, ce « salaud », dit la mère….qui les a abandonnées. Et puis sa mère, grosse, négligée lui fait honte….« Peu de moyens », répète celle-ci, car son métier est de faire des ménages.
La goutte d’eau en trop, c’est que sa mère est convoquée à cinq heures par le professeur de Français qui va révéler l’étendue du désastre … Quelle déception pour elle ! Quelle honte pour Sabine !
Alors, l’école c’est fini, elle n’en veut plus : Sabine fugue à Paris !
Si petite, onze ans !
Et si elle allait voir son père ?
Sur cette route poétique où elle ne perçoit pas le danger, Sabine s’émerveille. Des couleurs et odeurs du sous-bois qu’elle n’avait pas soupçonnées, des rappeurs sur le parvis de Notre-Dame. La vraie vie est là….
Sa rencontre avec un jeune couple d’Anglais va changer sa vie ! Il lui apprendra le goût des mots et de la poésie et, en une seule journée magique réconcilie Sabine avec l’école, avec sa mère et avec la vie !
« Elle sent surtout qu’elle a en elle cette petite flamme qui permet de penser, d’espérer, d’aimer. C’est peut-être ça qu’on appelle une âme ? »
Edition Arléa
Editions Arlé – 220 pages, 20€












