Mai 1892. Le professeur Moriarty se sacrifie pour empêcher les anciens dieux d'envahir la Terre et se retrouve catapulté dans une dimension parallèle. Tout le monde le croit mort, jusqu'au jour où il réapparait à Londres. Avec l'aide de Meredith Rutherford, il se lance alors à la recherche des derniers exemplaires du célèbre Necronomicon, afin de les détruire.
L’univers de Conan Doyle n’en finit plus d’inspirer les auteurs. Après Sherlock Holmes, héros de différentes séries scénarisées par Sylvain Cordurié et publiées aux éditions Soleil, c’est au tour de son éternel rival, le professeur Moriarty, d’avoir sa propre saga. Une saga qui évidemment prend beaucoup de liberté par rapport aux enquêtes imaginées par l’écrivain écossais et qui lorgne même ouvertement vers Lovecraft. Car ce cher James Moriarty n’est ni plus ni moins que l’incarnation humaine du…Necronomicon. Sur cette idée étrange et saugrenue, Sylvain Cordurié tisse une histoire prévisible et cousue de fil blanc qui n’a plus grand-chose à voir avec le monde de Sherlock Holmes. Ayant réussi à échapper aux Anciens Dieux et connaissant leurs intentions, Moriarty se met en quête des derniers exemplaires du célèbre livre afin d’empêcher les ténèbres de se propager sur Terre. Ce comportement altruiste, en décalage avec ce que nous connaissons du fameux professeur, tente d’offrir un regard neuf sur le personnage. Malheureusement, le lecteur a du mal à adhérer à cette vision, d’autant que le récit est plombée par d’incessants flashbacks dévoilant le calvaire vécu par le héros auprès des Anciens, flashbacks répétitifs et sans intérêt qui altèrent considérablement le rythme de l’album. Seuls les dessins, d’Andrea Fattori, au style sobre et classique (à défaut d’être transcendant), apportent de la cohérence à ces chroniques quelque peu décevantes.
Sherlock Holmes : les chroniques de Moriarty, Tome 1 : Renaissance. Scénariste : Sylvain Cordurié. Dessinateur : Andrea Fattori aux éditions du Soleil (Collection 1800). 13,95€.












