Prometheus de Ridley Scott HermineHermine

Hanté par sa propre créature, Ridley Scott revient avec Prometheus à la genèse d’ Alien,  saga à laquelle il donnait naissance en 1979. En révélant la provenance de la bête, il nous livre une réflexion métaphysique et indigeste sur l'origine de l’humanité.


Prometheus de Ridley Scott

Débutant par une suite de paysages épatante qui justifie, une fois n’est pas coutume, l’existence de la 3D, Prometheus s’annonce comme une expérience visuelle intense. L’expédition vers la planète sensée avoir abrité les créateurs de l’humanité donne en effet lieu à d’impressionnantes images, comme lors de la tempête, moment de grand spectacle bienvenu dans un film parfois trop réflexif. Si les scènes incontournables de créatures répugnantes sont bien au rendez-vous, on regrette  l’insistance du réalisateur sur la portée philosophique de son film. Ce que le scénario et l’image seuls parvenaient à transmettre dans Blade Runner  fait ici l’objet de discussions stériles entre les personnages, sur le rapport du père au fils, du créateur à la créature, de Dieu à ses disciples, de la mère à l’enfant… On aurait aimé que le Ridley Scott laisse un peu plus de place à l’interprétation. A l’inverse, certains aspects de l’histoire , notamment les étapes de la transformation de la maladie en animal et ses effets sur l’homme, mériteraient d’être clarifiés, espérons qu’on le découvrira dans la version longue à sortir en dvd.

Prometheus reste un film de grand divertissement où l’invasion du corps par de multiples versions de l’horreur donne lieu à des scènes très réussies. Les fans nostalgiques d’Alien y trouveront quantité de références au premier volet de la saga, à  l’ambiance moite et angoissante. Servi par un casting impressionnant, Prometheus ne parvient cependant pas à émouvoir. L’excellent Idris Elba que l’on a pu voir dans les séries The Wire et Luther, ne trouve pas ici un rôle à sa mesure. Son personnage de capitaine brille surtout par l’inutilité de ses interventions. Quant au génial Michael Fassbender, il incarne un robot humanoïde dont les états d’âme limpides paraissent pourtant cornéliens à côté de ceux des humains. Techniciens, chercheurs, tous ces personnages fades s’enlisent dans leur embarras métaphysique, tandis que le spectateur attend impatiemment la fin des dialogues.



2012, réalisé par Ridley Scott – Etats-Unis. Avec Charlize Theron, Michael Fassbender, Noomi Rapace, Guy Pearce, Idris Elba.

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Science-fiction