Tous les clichés sont réunis pour faire un bon polar : le détective, la blonde à fortes poitines, les terrains de tennis, le soleil et une certaine idée de la vengeance. Philipp Marlow sort de ce livre ! Et puis au fil des pages, Jack Voukassovitch trouve son rythme et sa propre petite histoire. Celle d’un ancien du Vietnam, Jack qui trace sa route à grand renfort de meurtres et de bétonneuses. Mais c’est le vilain Jack, abîmé par la guerre, qui défouraille à tout va. Le gentil est amoureux d’une jeune française, père de famille qui doit bien finir par gagner sa vie. La fuite coûte cher ! La Mafia mexicaine s’invite alors au bal des drames.
La vraie originalité de ce livre réside dans la forme. Chaque paragraphe – ou presque – est introduit par une citation. Tous les auteurs classiques défilent. Ce qui fait qu’on est un peu surpris de lire du Maupassant ou du Rimbaud entre deux scènes de crime au fin fond des Etats Unis, d’Hawaï ou des Antilles françaises. Le tout au milieu des années 70. Qu’importe, on s’y fait, quitte à zapper ces introductions pour garder l’intrigue bien au chaud.
Au final, ce premier polar de l’auteur étonne et finit par séduire, même si quelques maîtres ont déjà marqué de leur empreinte le sujet.
Hervé DEVALLAN
« Nettoyage par le vide » de Jack Voukassovitch aux édition Jean Picollec – 216 pages – 15€












