Le 6 août 1945 à 8h15, une bombe atomique américaine ravage Hiroshima et tua plus de 70 000 personnes. Trois jours plus tard, une seconde explosion à Nagasaki ajouta 35 000 morts à ce triste bilan. Le monde changea à tout jamais.
Un roman graphique de 472 pages raconte sans manichéisme, la genèse de cet événement historique qui, en 2020, commémore son 75e anniversaire. Des mines d’uranium en Afrique à l’apocalypse japonais, en passant par l’Allemagne, la Norvège, l’URSS et le Nouveau-Mexique, l’Histoire est ici racontée par les histoires des contributeurs politiques (Roosevelt, Truman), scientifiques (Einstein, Oppenheimer, Fermi, Szilàrd…), cobayes médicaux américains auxquels on injecta à leur insu du plutonium pour en étudier l’effet sur la santé, militaires (Groves, le général qui dirigea le Projet Manhattan), japonais de la ville d’Hiroshima.
Les deux scénaristes, Didier Alcante, belge, et Laurent-Frédéric Bollée, français, le dessinateur québécois, Denis Rodier, ont accompli pendant 5 ans un travail remarquable de documentation.
Devant un tel ouvrage, la première réaction pourrait être le recul mais passer à côté serait une erreur car cette œuvre accessible est tout simplement passionnante. De nombreuses anecdotes sur des opérations secrètes et des réunions officielles nous font découvrir les différents protagonistes avec une intensité progressive jusqu’au dénouement. Le dessin en noir et blanc correspond aux clichés de l’époque et la mise en page, très structurée au départ, évolue avec le récit pour aboutir à des pleines pages pour illustrer la violence finale.
La lecture de La Bombe devrait figurer au programme des lycéens afin d’éviter toute manipulation future de l’Histoire et surtout mieux comprendre certaines relations internationales actuelles.
Que demander de plus à un roman graphique : instructif, passionnant, beau, émouvant parfois, la Bombe a sa place dans toute bédéthèque.
Marc PHILIPPE
La Bombe de Didier Alcante, éditions Glénat, 472 pages, 39€.













