Heureux les amoureux des bêtes ! Dans son nouvel essai, Éloge du Teckel, Lilian Auzas ne tarit aucune louanges sur son animal favori. Un livre qui, non seulement a de la gueule, mais aussi et surtout, du chien.
A la faveur de l’arbitraire enchanté de nos amours, il arrive que nous en oubliions certaines. Ce n’est pas le cas de Lilian Auzas. Avec son Éloge du Teckel, il signe la plus merveilleuse déclaration qu’un animal puisse espérer. Le lecteur va de surprise en surprise… de maitre en animal… de portrait en anecdote… complice de cette promenade dans un domaine qui relève de la plus haute civilisation – car l’homme s’est vraiment civilisé lorsqu’il a su domestiquer l’animal, puis en faire (tout au moins s’agissant du chien) un libre compagnon allant jusqu’à devenir intercesseur vers le merveilleux. Voilà ce qu’évoque Lilian Auzas : le mystère du teckel comme artisan du merveilleux.
Hot-dog à quatre pattes, chien saucisse, merguez au ras du sol, les sobriquets sont nombreux ; nous traversons ici l’histoire, à la fois érudite et humoristique, savante et subjective, dialectique et anecdotique, curieuse et goûteuse, de cet étrange animal qu’est le teckel. Ainsi, découvrons-nous moult personnalités, artistes, politiciens d’hier ou d’aujourd’hui, ayant craqué pour ce chien qui, au départ, était un basset de vénerie d’origine allemande (Dashchund) destiné à la chasse au blaireau. L’auteur parcourt les temps et les lieux d’autres époques, il analyse la passion des amoureux du teckel, il explique aussi pourquoi la reine Victoria fut l’un des premiers soutiens à la protection animale, en particulier canine ; bref, l’on y apprend et l’on s’y amuse au fil d’un mélange savoureux qui se lit avec plaisir. Éloge du Teckel est l’antidote le plus efficace au désenchantement.
Il y a du Boule et Bill dans ce livre, mais aussi du Arthur Conan Doyle : Le chien de Baskerville, du Dino Buzzati : Le chien qui a vu Dieu – ayez un teckel et vous saurez qu’il connecte avec le royaume d’Hadès –, du Peter Mayle : Une vie de chien, et même du John Fante : Mon chien stupide, bien que ce dernier ne reflète en rien la réalité du teckel : trop diva, chapardeur, dévoué, courageux, et parfois même plus humain que ses propres maîtres, pour être idiot.
Éloge du Teckel relève d’une magnifique histoire d’amour entre un auteur et sa passion. Lilian Auzas est parfait dans son rôle, celui d’un auteur talentueux et prometteur ; son livre se lit d’un trait, sorte de petit bonbon sorti d’une imagination riche et brillante et, pour ne rien gâcher, c’est bien écrit. Au terme des cent cinquante pages, vous saurez que, non seulement les teckels vont au paradis, mais qu’ils y conduisent aussi leur maitre. A lire sans attendre. Et à offrir sans s’y méprendre.
N.B. : Je dédie cette chronique à ma chienne (teckel), indubitablement la plus belle, ma déesse, ma princesse, la divine Java.
Jérôme ENEZ-VRIAD – Avril 2021
Illustration : © Fabrice Lévêque – « Salvador & Java – MMXX »
Éloge du Teckel, un livre de Lilian Auzas, aux éditions Rivages – 150 pages – 16,00€












