BLAST Tome 4 : « Pourvu que les bouddhistes se trompent » HermineHermineHermineHermineHermine

Attention !  Manu Larcenet est un grand de la BD ! A la fois sur le plan du dessin et sur celui de la narration. Et pourtant, çà n’est a priori pas du tout mon univers graphique… Mais il est fort, celui-là.


BLAST Tome 4 : « Pourvu que les bouddhistes se trompent »

Il arrive à nous embarquer – parfois contre notre gré – dans des ambiances et des vérités profondes, des idées oubliées, des sentiments qui ne sont pas, plus exprimés dans notre monde de … « transparence » à tout prix. L’enfance, des lumières, des odeurs, une poussière qui vole dans l’air du printemps, un petit bruit d’oiseau qui secoue une branche, l’eau qui coule dans la rivière d’à côté et la menthe fraîche au bord… le beurre frais du soleil à travers les arbres, une exquise pureté de l’air… bref, toutes ses petites immenses choses qui font qu’on se sent une fraction de seconde près de savoir, de tout savoir et qu’on est heureux, tout simplement.

Et puis, en face, le noir.
La folie, le risque que tout bascule et que toutes ses petites constructions de bonheur ne tiennent pas. Fondations fragiles, réalité hésitante, doutes, peur, agression, schizophrénie… L’oiseau était de proie, et il ne s’arrêtera pas à sa première victime…

Et puis, la poésie à nouveau, la légèreté même, si c’était encore possible, s’évader pour ne pas penser à ce qu’il faudrait éviter. Courir les forêts, les champs, plonger dans le lac, se laisser aller librement, communier avec les forces pures et libres. En sachant que çà finira mal, forcément.

Larcenet, c’est ce mélange de beauté et d’horreur, d’innocence totale et de folie, cette capacité à raconter l’impossible à saisir sauf si on l’a vécu, peut-être. C’est compliqué et simple à la fois, insoutenable mais on va au bout, au bout des 200 pages et de l’histoire, on est tendu comme si on était contraint soi-même par les enjeux de l’histoire. Et on en ressort un peu atteint, plein de questions mais avec la certitude d’avoir lu un vrai roman… noir et léger à la fois.

Allez vite le chercher dans toutes les bonnes librairies, il est superbement édité par Dargaud.

WVW – William VanWynendaele


Bio express de Manu Larcenet

Né en 1969, Manu Larcenet vit à Vélizy une enfance peinarde, en dehors des crises d’angoisse qui lui gâchent la vie. Vers dix ans, il se lance dans la BD : il en fait tous les jours et il n’arrêtera jamais. Après s’être partagé entre le punk-rock (nul) et le dessin, il intègre Fluide Glacial en 1994, et tout le monde se l’arrache – Spirou, Dupuis, Glénat… En 2000, il s’installe chez « Poisson Pilote » avec Trondheim et Les Cosmonautes du futur, puis avec son frère Patrice Larcenet et Les Entremondes, puis tout seul avec Le Temps de chien, Nic Oumouk et le magnifique Combat ordinaire, pour lequel il obtient en 2004 le prix du meilleur album du festival d’Angoulême. Entre-temps, en 2001, il part s’installer dans la brousse lyonnaise. Ce virage existentiel notable nous vaut Le Retour à la terre, scénarisé en toute complicité par son ami Ferri. Au printemps 2008, il attaque Blast. En 2010 et 2012, il publie deux livres jumeaux, les merveilleux Peu de gens savent et Nombreux sont ceux qui ignorent, chez Les Rêveurs, maison d’édition qu’il a cofondée en 1997 et quittée en 2013.

 

Editions Dargaud

Dessinateur & scénariste : Manu Larcenet – Editions Dargaud – Sortie avril 2014 – 22.90€ (34.30 CHF pour nos amis suisses)

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