Le titre du nouveau film de Stéphane Demoustier coïncide étrangement avec l’actualité météorologique de cet été 2026. D’autant que l’action se déroule sur une plage des Landes, non loin des feux qui embrasent aujourd’hui l’Aquitaine. Nous voici dans un thriller psychologique du meilleur cru dont des jeunes gens en vacances sont les acteurs.
Marouane a 17 ans. Il est imide, renfermé, taciturne, à l’écart des dragues, des fêtes nocturnes et des concours de « Binge drinking » du camping où il passe l’été avec d’autres jeunes mais aussi ses parents, son frère et sa sœur. On le harcèle volontiers, lui toujours un peu à l’écart de la mêlée… Mais un soir, une altercation avec un autre jeune tourne mal et c’est le drame. Le voici soudain « lesté » d’un cadavre qu’il se décide d’ensevelir à même la plage. Mais une jeune Italienne du camping, Giulia, va entrer discrètement dans sa vie…
Avec ce scénario, c’est le portrait d’un adolescent en perdition que nous propose ici Stéphane Demoustier sur les thèmes du remords, mais aussi de l’importance de la bande, de la réputation à assurer, de la hiérarchie, de l’omniprésence du désir, des blessures secrètes et, au fond, du passage difficile à l’âge adulte.
La confrontation à la mort
Le cinéaste publie ce film six ans après « La fille au bracelet » où il racontait l’histoire d’une jeune fille accusée d’avoir assassinée sa meilleure amie et condamnée de porter un bracelet électronique. On y trouvait déjà le thème de la confrontation à la mort, à la justice. Stéphane Dumoustier récidive donc en quelque sorte avec « La chaleur » dont le scénario, est adapté du roman du Nantais Victor Jestin (Prix Femina des lycéens 2019)
Pour réaliser son film Demoustier s’est entouré de jeunes acteurs non professionnels très convaincants. A cet égard, on est tenté de penser à certains films du cinéaste Eric Rohmer, à commencer par « Conte d’été » (tourné à Saint-Lunaire, Saint-Malo et Dinard). Mais la comparaison s’arrête là. Rohmer se contentait de proposer une forme de marivaudage, un scénario sur les jeux de l’amour et les hésitations sentimentales. Demoustier, lui, apporte une note profondément dramatique et tragique à la vie. Voilà un film plutôt sombre – rehaussé par la musique très prenante de Pierpaolo Saccomandi – tourné dans un monde où « tout baigne » a priori. Au fond, un « Camping-paradis » qui tourne au cauchemar pour le personnage principal.
Stéphane Demoustier (49 ans) confirme en tout cas qu’il occupe désormais une place de choix dans le paysage cinématographique français. Rappelons son César du meilleur scénario original pour « Borgo » en 2025, drame policier se déroulant en Corse. Ou encore son César de la meilleure réalisation et de la meilleure adaptation en 2026 pour « L’inconnu de la Grande Arche », un film inspiré de la construction de la Grande Arche de la Défense à Paris. Son nouveau film « La chaleur » mériterait aussi d’être mis sur le podium.
Pierre TANGUY.
La chaleur, film franco-italien de Stéphane Dumoustier, avec Hadrien Hussein, Tristan Richard, Martina La Manna, durée 1 h 33












