Da viken HermineHermineHermine

On ne peut passer à côté de Da Viken, album hommage à Frank Darcel qui voit la présence des figures de la scène rennaise : Etienne Daho et Pascal Obispo, mais aussi d’Alan Stivell. 

Sobre. Aussi sobre que pouvait être exigeant Frank Darcel. Ce double vinyle hommage au leader de Marquis de Sade disparu trop tôt en 2024 en terre celte, côtoient toutes les époques qui firent la carrière du guitariste. Ou presque : il manque son passage lisboète. On y retrouve Marquis de Sade bien sûr avec « Brouillard définitif » et « Conrad Veidt », mais aussi de bonnes pioches dans les morceaux de son unique album solo, sans oublier Republik, Marquis, Octobre ou encore Senso avec la présence de Pascal Obispo (sur « Acteurs »), lui aussi issu de la scène rennaise et membre de ce dernier groupe éphémère Senso qui lança sa carrière… Sans jamais qu’aucun album ne voit le jour malgré un passage en studio. La carrière de Frank est aussi évoquée côté production avec la présence d’Etienne Daho sur deux titres : « L’été (an hañv) » et « Ton cinoche », mais aussi d’Alan Stivell, toujours sur « L’été (an hañv) » en duo avec Daho. Un magnifique moment qui ouvre l’album. Car n’oublions pas que Frank Darcel réalisa pour Etienne Daho en 1983 le maxi « Le Grand Sommeil » puis « La notte, la notte » l’année suivante ainsi que le succès « Tombé pour la France » en 1985. Un titre que Matmatah sert très bien sur son dernier opus ceci-dit en passant. Etienne Daho se devait de répondre présent sur ce projet. Tout comme Alan Stivell pour qui il réalisa en 2000 l’album « Back to Breizh ». Obispo, Daho et Stivell était déjà réunis pour l’enterrement de Frank à Rennes. La famille en quelque sortes. A noter que l’album se remarque aussi par la présence du journaliste Jérôme Soligny et du photographe Richard Dumas et des surprenants Dynamite Shakers. A la fin, le disque oscille entre l’excellent, l’émouvant et le dispensable. On préfèrera l’album hommage à Philippe Pascal sorti l’année dernière. Mais pouvait-on passer à côté d’un exercice presque imposé ? Au fait, « Da viken » pour « A jamais » en français. Frank était aussi un militant breton… Bien vu.

Hervé DEVALLAN

Da Viken (HYP)

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