Comment parler court sur un livre si court ? Sa brièveté nous cisaille. Le style d’Edouard Louis est une lame aiguisée, violente, enfoncée chaque fois plus loin, plus près de l’âme.

Lame à l’âme ! Après Pour en finir avec Eddy Bellegueule, et Histoire de la violence, Edouard Louis revient sur les liens du crime. Ce crime parfait que, seule, la littérature opère.
Edouard Louis vient de ce monde des écrasés. L’écrire est-il ou non de l’ordre de l’écrasement ? Ecrire sortirait-il l’écrasé du poids de l’écrasement ?
Edouard Louis écrit pour dénoncer les écraseurs, ici nommés, Hollande, Chirac, Sarkozy ou Macron. Hollande a cassé le dos de son père. Chirac a détruit ses intestins. Macron lui a volé cinq euros par mois et il l’a humilié, traitant de fainéant le père qui ne peut plus arquer.
L’histoire qu’Edouard Louis raconte est une histoire du monde moderne depuis qu’il existe : des gens en écrabouillent d’autres et certains se détachent, écrivant cela.
Lascaux peignait cela. Zola aussi ou Victor Hugo et Edouard Louis, dont le nom de son père n’est pas son nom d’auteur. Il dit qu’il l’a tant haï, il dit qu’il l’aime tellement.
L’auteur parle ici plus qu’il écrit. Son théâtre est social, que dis-je, politique.
Edouard Louis est un jeune auteur qui ne dynamite pas les formes mais informe sur la dynamite. Notamment celle des âmes. La colère est une encre sombre et la vengeance un livre qui se lit chaud.

Gilles Cervera
Qui a tué mon père d’Edouard Louis aux éditions du Seuil, 96 pages, 12 €

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