Hugo. Chateaubriand. Pascal. Descartes. La Fontaine. Molière. Racine. Voltaire. Rousseau… Aussi Brassens, Aznavour et la plus que chère Barbara !

Tous embarqués. Tous se démarquent et le débarquent, le petit clebs brun aux poils retors et au verbe en haine. Le Z comme nul même si Nul paraît encore trop vaste.

Hugo : La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Discours à l’Assemblée constituante, 15 septembre 1848.

Chateaubriand : et après tout je ne sais si un homme est parfaitement sûr de ce qu’il pense réellement. Essai sur les Révolutions 1797.

Pascal : Toutes les puissances du monde ne peuvent par autorité persuader un point de fait, non plus que de le changer. In les Provinciales 1656.

Descartes :  qu’il ne fasse paraître en public que ses plus sérieuses actions, ou celles qui peuvent être approuvées par tous.

La Fontaine : Trompeurs, c’est pour vous que j’écris : attendez-vous à la pareille. In Le renard et la cigogne.

Molière : Qui n’a pas le don de cacher ce qu’il pense doit faire en ce pays fort peu de résidence. In Le misanthrope.

Racine : Ni tout à fait bons ni tout à fait méchants… In Andromaque.

Voltaire : Presque toute l’histoire est une suite d’atrocités inutiles. (Essai sur l’histoire générale, 1756)

Rousseau : Je tâcherai d’allier toujours ce que le droit permet avec ce que l’intérêt prescrit, afin que la justice et l’utilité ne se trouvent point divisées. (Du Contrat Social 1722)

Quant à Barbara, Monique Serf, persécutée qu’on sait, incestée qu’on a su, la voilà embarquée dans l’esquif sans fond ni rame du bateleur crépusculaire. Ah chère Barbara, ne vous retournez, s’il vous plait Madame, pas dans votre tombe :

Pour qui, combien, quand et pourquoi, contre qui, comment, contre quoi
C’en est assez de vos violences
D’où venez-vous, où allez-vous, qui êtes-vous, qui priez-vous
Je vous prie de faire silence…

In Perlimpinpin

Même Aznavour, l’immigré aux deux terres chéries, enrôlé à son insu dans cette armée sombre !
Quand les loups font ta récolte
Ils t’enseignent malgré toi
La colère
Laisse gronder ta révolte
Prends la fronde et quitte donc
Ta maison

In Les jours heureux

Ou Georges. Le grand Brassens, aussi, à son insu, dans cette galère !

Guerres saintes, guerres sournoises
Qui n’osent pas dire leur nom,
Chacune a quelque chos’ pour plaire,
Chacune a son petit mérit’,
Mais, mon colon, cell’ que j’préfère,
C’est la guerr’ de quatorz’-dix-huit !

In La guerre de 14/18

On est prié de laisser les morts tranquilles comme certains lieux plus propres après qu’avant. Certains vivants qui s’en réclament, vivent à leur crochet comme des voleurs à la tire ou des violeurs d’idée, ceux-là sont la honte imbue et le contraire exact de ces auteurs et de leurs œuvres.

N’écoutons pas. Fermons les yeux. Bouchons nos nez. Nul ne peut décorer avec nos chers morts sa boutique glauque aux relents qui puent. Relents de Roncevaux bien entendu !

Gilles CERVERA

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