Il est agréable de déambuler dans l’univers de Yann Tiersen. Son seul piano invite au voyage. Celui d’un breton de Ouessant qui entre deux courtes et incertaines journées promo loin de son île, n’hésite pas à prendre la mer pour plusieurs mois. Il prend cependant le temps de composer.
Il est étrange et agréable de se laisser bercer par ses notes en formes de gouttes de pluies qui fouettent une fenêtre donnant sur un océan malmené. Pourtant c’est bien lors de ses escales que le breton a composé ce disque. Une route à la voile qui remonte à 2023. Si le premier disque est entièrement dédié au seul piano, le second opus est une fusion de sonorités électronique qui trouve leur source dans une nuit solitaire en mer de Belfast. Dans les deux cas, le style dépouillé de Tiersen reste une véritable introspection qu’il aime partager à tous ceux qui prennent le temps de s’immerger d’embruns et de longues escales.
Pour rappel, il y a deux ans, Yann Tiersen s’est embarqué dans une tournée unique sur son voilier, Ninnog, qui l’a vu partir de chez lui à Ouessant pour se rendre sur l’île d’Irlande, dans les îles Féroé, en Écosse, à Liverpool et au Pays de Galles. La tournée a été structurée de manière à permettre aux communautés de toutes tailles d’inviter l’artiste à se produire, ce qui a donné lieu à des spectacles inoubliables dans des pubs, des églises, sous un gazebo, chez des disquaires, dans un éco-village, dans un ex-consulat et dans des centres communautaires. L’une des étapes était Rathlin, une petite île au large de l’Irlande du Nord qui a donné son nom à la première partie de l’album.
Hervé DEVALLAN
Yann Tiersen « Rathlin from a Distance | The Liquid Hour » (Mute / PIAS)
Sur scène
Le 30 octobre au Centquatre (Paris) et le 31 octobre au Festival Rockomotives à Vendôme.







