Les Éditions First proposent deux voyages dans le temps qui permettent de remonter vers le quotidien des habitants de l’Égypte pharaonique et celui de ceux de la Grèce antique. Chaque livre raconte le parcours de personnages dont l’histoire est reconstituée grâce aux dernières découvertes archéologiques.
Et si nous plongions dans le quotidien des Égyptiens de la vingt-sixième année du règne d’Amenhotep II. Faire la connaissance de Baki, le fermier… de Dagi, l’apprenti scribe… d’Amenemopet, le vizir… Découvrir les ultimes jours d’un pharaon avant l’ascension au pouvoir du suivant, et, en fin de compte, comme dans un roman, partager les joies, les peines, et les moments capitaux de la vie de ces personnages – réels ou fictifs – issus de toutes les couches de la société.
Une lumière native d’un tout
Le nom d’Amenhotep n’a pas traversé les siècles, contrairement à ceux de Toutankhamon et Ramsès ; il incarne peu la grandeur de l’Égypte pharaonique, qui est toutefois la mère spirituelle des civilisations occidentales. Et pourtant ! En terre d’Égypte, chaque pharaon aura posé une empreinte sur un nombre incalculable d’évènements ou/et monuments. Amenhotep n’est pas un héros de l’Histoire mais de plusieurs histoires, celle d’une véritable épopée qui mène de son initiation sous la conduite de son père, Thoutmôsis III – à la stature aussi impressionnante que celle de son fils – jusqu’au dernier jour d’un monarque qui aura affronté de multiples épreuves.
Ce que la mort physique a refusé aux pharaons momifiés (c’est à dire une vie éternelle) la puissance de l’imagination a le pouvoir de le leur accorder à travers les livres. Ainsi, grâce à Une année en Égypte ancienne, est-il possible de partager des angoisses et des espérances si lointaines de notre XXIe siècle, qu’elles nous emportent à l’horizon de plusieurs millénaires ; le lecteur découvre les échecs et les succès de ceux qui ont vécu au-delà du souvenir d’une mémoire humaine… il rencontre des hommes et des femmes insoupçonnés… il souffre les trahisons subies et se réjouit d’amitiés indéfectibles… il apprend à connaitre les forces du Mal d’un monde révolu, et à chercher cette lumière « pharaonique » d’où tout est issu et vers laquelle tout revient.
Histoire de scribe
Amenhotep II est un compagnon de route merveilleux pour apprendre. Son nom évoque une terre d’eau et de soleil où les mots honneur, justice et beauté s’incarnaient dans le quotidien, une terre où l’au-delà et l’ici-bas était sans cesse en contact… où la vie pouvait se remettre de la mort… où la présence de l’invisible était palpable… où l’amour de l’impérissable élargissait le cœur des êtres et les rendait heureux… Une année en Égypte ancienne plonge non seulement dans le quotidien des pharaons, mais aussi dans celui de leurs pyramides, leurs momies, également de leurs scribes… Tiens ! Arrêtons-nous sur les scribes. Fascinant métier que celui dont le travail était d’écrire les textes officiels. En écriture hiéroglyphique, le mot « lire » s’écrit shed – minuscules, car Shed avec une majuscule est le nom d’un dieu-enfant représenté avec la tresse caractéristique de l’enfance en Égypte ; il est guérisseur et protège des animaux vénéneux – ; shed en minuscules, donc, est illustré par une outre remplie d’eau, suivie d’un homme assis portant la main à sa bouche. Pour les Égyptiens d’alors, Lire signifiaient « se désaltérer » dans le sens d’absorber une connaissance indispensable à la vie : qui sait lire dispose d’une outre bien remplie et ne mourra pas d’ignorance.
De sept à soixante-dix-sept ans
Comprendre l’esprit et les lettres. Voilà précisément ce que proposent les deux premiers ouvrages de cette collection. Une année en Grèce antique, nous mène en l’an 248 av. J.-C., à l’avènement de ce que le peuple hellène connaît comme la quatrième année de la 132e olympiade. La péninsule grecque ne représente alors qu’une fraction du monde hellénistique – un monde élargie par Alexandre le Grand, roi de Macédoine qui, un siècle auparavant, a conquis l’Orient jusqu’à l’Inde – ; autant dire que le quotidien des Grecs de cette époque est en rapport avec leur position géographique. Ils ne vénèrent pas toujours les mêmes dieux, les uns vivent en république, les autres en monarchie, et, régulièrement, des guerres éclatent entre les différents peuples. Mais, tous les quatre ans, lors des jeux olympiques, une trêve est déclarée et quantité de Grecs des quatre coins du monde se rendent à Olympie afin d’assister à moult prouesses sportives et artistiques.
D’aussi loin qu’ils se trouvent, les Grecs installés hors des terres helléniques demeurent toutefois obstinément hellènes. Ils continuent de prier au temple, de faire de l’exercice au gymnase, et de philosopher en public. Le propos d’Une année en Grèce antique est identique à celui d’Une année en Égypte ancienne, il s’agit de restituer la vie ordinaire du quotidien de ces gens-là. Bien que les occupations des Grecs anciens soient différentes de celles des Égyptiens de la XVIIIe dynastie, voici deux livres qui tentent de reconstruire la réalité des uns et des autres. Notre imaginaire prend le dessus à chaque page grâce à des images qui reflètent l’exactitude des dernières découvertes archéologiques. C’est ludique. Plaisant. Distrayant. Et surtout fort instructif. À lire de sept à soixante-dix-sept ans.
Jérôme ENEZ-VRIAD
© Avril 2023 – Bretagne Actuelle & J.E.-V. Publishing
Une année en Égypte ancienne – Un livre de Donald P. Ryan (archéologue), First Éditions, 281 pages avec illustrations N&B – 18,95 €
Une année en Grèce antique – Un livre de Pjilip Matyszak (docteur en histoire), First Éditions, 281 pages avec illustrations N&B – 16,95 €











