« Tu m’avais dit Ouessant » de Gwenaëlle Abolivier HermineHermineHermine

Le dernier livre de notre consœur Gwenaëlle Abolivier vient de sortir aux éditions Le mot et Le Reste. Un ouvrage né de ses 3 mois passés au sémaphore de l’île d’Ouessant à la fin de l’automne 2015.

Entre la grande Histoire et les légendes, de belles rencontres avec les habitants, un inévitable retour sur soi et des éléments parfois déchainés, « Tu m’avais dit Ouessant » est aussi poétique qu’initiatique. Deux approches, mais une seule vérité : celle qu’une île du Ponant veut bien dévoiler dès lors que l’on parle secrets et mystères toujours ancrés dans le quotidien. Si la mort rode autant que le vent, les vrais témoins de l’ile sont toujours et encore les femmes. Les hommes s’accrochant à leurs rêves de long cours et de gardiens de phares.

Gwénaëlle Aboliver s’est donc immergée dans les éléments avec l’envie et l’espoir de se retrouver. Si elle est partie plus apaisée, elle le doit sûrement à ses rencontres. Et ça, la reporter de Radio France sait nous le conter mieux que quiconque. Un art qu’elle déploie dans ces bouts de vie que sont chaque invitation à prendre un café qui ramènent à la surface rires et chagrins.

On se surprend également à aimer les tempêtes qu’elle a affrontées et celles qu’on lui racontées, notamment la terrible déferlante de 1999. Car ici la météo guide les pas. Et le vent reste bien plus pernicieux que la pluie. Il peut rendre fou ! Ses voix sont parfois pénétrables… comme une porte qui s’ouvre vers l’au-delà.

Bref, c’est un récit qui donne envie – à notre tour – de se perdre un temps au bout de ce monde breton. A Enez Eusa comme on dit chez nous.

Hervé DEVALLAN
« Tu m’avais dit Ouessant » aux éditions Le Mot et Le Reste, 186 pages, 17€

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Essai