Le gang imaginé, créé et mené par Manu Masko (batterie, claviers, samples, etc.) publie son 4ème album studio, le bien nommé Dancing or Dying ? Un disque à l’énergie communicative, alternant morceaux enlevés et ballades mélancoliques, mais toujours imprégné de musiques celtes. Avec cette fois, en plus, un clin d’œil assumé à un certain rock hargneux mais clinquant des années 80, celui de Midnight Oil ou d’INXS. Explications avec Manu…

Est-ce que le mot « Celtic » est toujours irremplaçable dans The Celtic Social Club ?
Totalement. D’ailleurs, notre musique sur ce nouvel album est encore plus celtique. Les morceaux sont plus forts, plus folk. Pas dans le sens qu’on lui donne en France mais plutôt celui que l’on y associe à ce genre musical au Royaume-Uni.

Mais selon toi, quelle est ta définition de la musique celtique ?
Il n’y a pas une musique celtique mais des musiques celtes. Ce sont des musiques voyageuses, des musiques de tradition qui évoluent sans cesse avec pourtant un côté binaire. Soit, tu chiales en les écoutant. Soit, tu fais la teuf.

Qu’est-ce ce qui ne change pas avec The Celtic Social Club en quatre albums désormais enregistrés et publiés ? Et qu’est-ce qui change ?
Avec nous, tout peut partir dans tous les sens. Ce n’est pas pour rien que l’on a bricolé avec Goulven (Hamel, mandoline, banjo, guitares acoustique et électrique) sur deux ou trois morceaux inspirés de musiques d’Afrique du Nord et d’Egypte. Ils ne figurent pas sur Dancing or Dying ? mais on les a soigneusement mis de côté pour plus tard. Ce qui ne change pas, c’est notre méthode de travail. Ce qui change, c’est que le premier album entièrement enregistré à la maison, ou plutôt dans ma maison. Chacun envoie ses idées. Je récupère tout : un riff, un bout de mélodie avec une guitare, etc. Et je fais ce que je préfère : je cisaille, je retravaille le truc, j’essaie de creuser, puis je le renvoie. Je ne suis pas un dictateur, et à 98 %, on est d’accord sur tout. On a tous une relation assez saine. Si je dis que je n’aime pas, personne ne le prend mal. Et vice-versa. Cette fois, à cause du confinement, nous ne pouvions pas jouer tous ensemble. Il a fallu donc composer, et utiliser les ressources d’Internet pour aller au bout de cet album. La plupart d’entre nous (ils sont sept dans le groupe), nous ne nous sommes pas vus depuis des mois. Il y en a que je n’ai croisé que pour la séance photo commune faite en septembre pour le lancement du disque. Mais cela ne signifie pas que l’on n’a pas échangé à la puissance dix sur ce nouveau projet.

Comment se sont lancées les choses pour ce 4ème album ? Aviez-vous une histoire précise en tête ? Un concept particulier ?
J’ai juste dit aux copains qu’à un moment les live Facebook, ça allait bien mais que j’avais envie de passer à autre chose. J’étais chez moi, j’ai acheté du matos pour enregistrer et j’ai dit aux autres de commencer à m’envoyer leurs idées. Très vite, on a eu deux à trois morceaux. Je les ai envoyés à Ariel Borujow, le producteur new yorkais, avec qui l’on travaille depuis le début du projet Celtic Social Club qui m’a fait comprendre que ce n’était pas de simples maquettes mais des chansons déjà très abouties. Pendant les confinements, j’ai d’abord beaucoup écouté les Beatles, et des trucs du début des années 80 en allant sur des sites de streaming. Des groupes comme Midnight Oil ou INXS. Cela s’entend sur notre titre « The Edge of The World. » Je suis aussi un grand fan de The Police et de Simple Minds.

Un des morceaux, le titre final d’ailleurs, « Self Important Clown », évoque un peu du Pink Floyd passé à la moulinette celte…
Oui, Pink Floyd. Ou alors Archive aussi. C’est normal. Dans le groupe, on a tous 50 ans et quelques et on a un bagage musical très fort qui se retrouve dans ce que l’on fait. Tu me demandais tout à l’heure ce qui avait changé avec le temps avec The Celtic Social Club, et bien, c’est Dancing or Dying ? est le premier album sans un instrumental. C’est aussi le premier album où Dan (Donnelly, chanteur et guitariste) est présent depuis le début. Sur le précédent, il nous avait rejoint alors que nous avions déjà finalisé huit ou neuf titres. Je pense que c’est cela aussi ce qui se ressent sur ce disque : on est vraiment un collectif, un groupe, un gang.

Dan qui est Irlandais chante en anglais sur l’album. Comme The Celtic Social Club compte une majorité de musiciens français, vous n’avez pas été tenté de faire un titre en français ?
Non. Français, on l’est ! Ca, c’est certain. Mais jamais on ne s’est dit qu’on allait céder à la facilité et faire un titre en français pour séduire le public. C’est simple, on est un groupe français avec un chanteur irlandais. Et même si l’on a encore un petit déficit de notoriété dans l’Hexagone, je suis persuadé que le public finira par venir à nous. On le voit déjà dans le Nord de la France, et dans l’Est lors de nos concerts.

Il était question de remix ou de versions electro de certains morceaux. Où en est ce projet ?
Pour le moment, nul part. Je n’aime pas quand on sent que c’est fait pour avoir du succès et qu’il n’y a pas une démarche un peu sincère derrière. A l’inverse, sans le remix de Zobi la mouche (fait par William Orbit), Les Négresses Vertes n’auraient sans doute jamais connu un tel succès à l’étranger. Dans le même genre, je n’aime pas trop ce qu’à fait Afro Celt Sound System. Même si c’est intéressant, je trouve que c’est trop lisse, trop joli. Je suis plus sensible au travail de Dead Can Dance, plus âpre. Ou à celui de Peter Gabriel avec l’album So.

Vous n’avez jamais envisagé une collaboration avec Brendan Perry de Dead Can Dance qui s’est installé en Bretagne ?
Je ne vais pas te mentir. J’ai essayé de le contacter mais cela n’a rien donné pour le moment. Au début du projet Celtic Social Club, j’avais envisagé de collaborer avec des grands noms comme Bono de U2, Sinead O’Connor, etc. Et c’est Didier Varrod, à France Inter, qui, après avoir écouté nos premiers morceaux, nous avait dit : « Mais les gars, ça fonctionne très bien comme ça. Pas besoin d’aller chercher des noms. Au contraire, cela pourrait vous desservir. » Il avait raison. Par contre, aujourd’hui, avec quatre albums au compteur, on pourrait envisager des collaborations. L’identité du Celtic Social Club est bien établie. On verra. Si ça doit se faire, ça se fera…

Propos recueillis par Frédérick RAPILLY
The Celtic Social Club, Dancing or Dying ?

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