Avec ces bretons de Nantes, il ne faut pas se tromper d’époque. Nous sommes bien en 2015 et le groupe joue bien du rock psychédélique comme en 1970. Surprenant et séduisant.
Katmandou, fin des années 60. Arrêt sur musique. La chronique pourrait s’arrêter là tant les nantais partent loin, mais vraiment loin, dans une lente descente vers un post rock psychédélique sous acide. Loin de la scène anglaise du label Ample Play Records qui pousse le volet réverb vers un garage étonnamment intéressant, ici ce sont synthés et guitares wah wah qui planent à nouveau vers des sommets de zénitude absolus. Dernier album en 5 ans et huitième opus du quartet, les bretons explorent à nouveau d’étranges pays où l’expérimentation et l’improvisation vont de paire. On se croirait vraiment revenu au temps de leurs ainées : The Zoo et Zig Zag pour ne parler que de la scène nantaise des années 70. Côté références, on pense évidemment à Pink Floyd (avec ou sans Syd Barrett) ou aux allemands Tangerine Dream. Le plus surprenant, c’est que les 40 minutes de l’album passent comme une lettre à la poste. On ne s’ennui pas une seconde. La musique de Rome Buyce Night (quel drôle de nom !) est tellement hors de notre époque électronique, qu’elle surprend, puis séduit sans surprise. On se souvient alors de ces années (1968 – 1972) où chaque album inventait un style musical nouveau. Ici, pas de révolution, mais une beau voyage dans le temps qui a été enregistré aux Studio Campus de Paris entre 2012 et 2014 et qui nous est offert par les guitaristes Guillaume Collet et Antoine Ducoin en compagnie de Jérôme Orsini (guitares, synthés) et Romain Piegay (batterie).
Hervé DEVALLAN
Rome Buyce Night « The indian castle of Morocco » (Zéro Egal Petit Intérieur)












