Collaborateur de notre revue à laquelle il adresse des notes de lecture, le plus généralement sur la poésie en Bretagne, Pierre Tanguy est aussi à l’écoute de paroles poétiques venues du monde entier. Il vient de rassembler dans un livre des notes rédigées au cours des douze dernières années concernant 47 poètes de plus de vingt pays différents.
Trois questions et trois réponses pour mieux comprendre le projet
Pourquoi ce livre ?
Parce que je venais de publier deux livres rassemblant mes notes de lecture sur des auteurs implantés en Bretagne : « Poètes en Bretagne » en 2021 et « Écrivains en Bretagne » en 2022. Les deux livres ont été publiés par Les Editions sauvages et celui-ci l’est également. Il m’a paru intéressant de faire la même chose pour des poètes hors-Bretagne, qu’ils soient de France ou du bout du monde. Je l’ai fait avec d’autant plus d’enthousiasme que j’entendais me mettre, d’une certaine manière, dans les pas de Xavier Grall qui a tenu pendant des années une chronique sur des poètes du monde entier dans la revue Croissance des jeunes nations
Qu’est-ce qui a guidé votre choix dans la lecture de ces poètes du monde entier ?
Mes choix sont forcément subjectifs. Je ne parle que des auteurs qui me touchent et dont l’écriture est abordable. Je tiens à le préciser : ce livre n’est en aucun cas une anthologie. C’est un regard personnel sur des œuvres ou des auteurs que j’aime. Je pense notamment au suisse Gustave Roud ou à Philippe Jaccottet. Mais disons que j’ai aussi un faible pour les poésies de Moyen-Orient ou d’Extrême-Orient, sans doute parce que j’y trouve beaucoup d’affinités avec la poésie des pays celtes. Je pense notamment aux poètes chinois ou japonais comme Hosai, Takuboku mais aussi à l’Iranien Abbas Kiarostami.
L’actualité joue-elle un rôle sur vos choix de lecture ?
Un petit peu. L’agression russe en Ukraine m’a, par exemple, conduit à m’intéresser à la poésie de Taras Chevtchenko, le poète national ukrainien. On trouve aussi dans mon livre une lecture de l’autobiographie poétique du palestinien Mahmud Darwich. Concernant les grandes menaces climatiques qui pèsent sur la planète, je me suis intéressé au recueil « Mes forêts » de la québécoise Hélène Dorion. Son livre est d’ailleurs au programme du Bac 2024. Mais dans l’ensemble, ce que j’aime trouver chez ces auteurs du monde entier, c’est une poésie du réel qui vise, comme le disait Giuseppe Ungaretti à « apporter d’heureuses clartés sur le chemins de l’obscur ».
Poètes du monde, lectures choisies, Pierre Tanguy, Les Editions Sauvages, 2024, 140 pages, 16 euros.












