De Piero Heliczer on ne connaissait pas grand-chose. A commencer par son existence même. C’eût été dommage. Sa vie est à elle seule un roman et les années qu’il a traversées des comètes créatrices que l’on partage encore. De la bohème parisienne des années 50 au Velvet Underground à New York dans les 60’s, le poète, cinéaste et musicien aimanta et croisa nombre de personnes devenues beaucoup plus célèbre que lui. De Andy Warhol à Lou Reed en passant par Gregory Corso, Allen Ginsberg ou William Burroughs, il fut au cœur de la Beat Generation et de l’underground. Sa folie a voulu qu’il laisse peu de trace de ses œuvres. Une schizophrénie qui démarre en Italie pendant la seconde guerre mondiale. Embêtant quand on est juif et fils d’immigré allemand. La suite le voit passer aux Etats-Unis et naviguer entre Londres, Paris et Amsterdam. Pour finir par habiter une sombre masure dans le Perche, en Normandie. Le clochard céleste y finira sa vie sur sa mobylette percuté par un camion. Il revenait de Paris. S’il affirmait haut et fort, « L’underground c’est moi », ce livre confirme le propos et livre une aventure méconnue qui nous permet de croiser de nombreux artistes qui eux connaîtront souvent gloire et reconnaissance. L’américain Piero Heliczer passa à côté de ces projecteurs. Mais en avait-il vraiment envie ?

Hervé DEVALLAN

« Piero Heliczer, l’arme du rêve » par Patrick Bard aux éditions Seuil, 420 pages, 21€

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