Belle est la plus jolie fille du village et est courtisée par tous les garçons. Mais rebutée par la perspective d’un mariage non consenti, elle décide un jour de s’enfuir et trouve refuge au plus profond de la forêt. Elle y est recueillie par le roi Lucane qui va rapidement en tomber éperdument amoureux. Un amour qui donnera naissance à une fille, nommée Ronce…

En 2016, Stéphane Fert faisait une entrée remarquée dans le monde de la bande dessinée avec Morgane, variation autour la légende arthurienne dont la beauté graphique avait subjugué plus d’un lecteur. Peau de Mille Bêtes s’inscrit dans la même veine et confirme, si besoin est, que Fert est bel et bien l’un des artistes les plus singuliers de sa génération, son trait qui évoque autant la peinture (Matisse, Klimt) que le 9e art (on pense notamment à Mattotti), ne ressemblant à aucun autre. L’auteur s’inspire ici librement de Peau d’âne pour nous raconter l’histoire d’une femme qui construit son identité au fil des épreuves et des événements qu’elle vit. Des événements qui se caractérisent par leur dimension onirique et métaphorique et qui donnent naissance à des planches magnifiques, où les couleurs sombres prédominent. L’influence de l’art pictural transparaît ainsi à chaque page et contribue à faire de cet étrange conte de fée, une œuvre aussi belle qu’ensorcelante, dont on ne peut que recommander la lecture.
Erwan BARGAIN
Peau de Mille Bêtes, scénario et dessins : Stéphane Fert. Editions Delcourt (collection Mirages). 17,95€.













