Publié lors de l’épisode caniculaire de l’été 2026, le nouveau petit livre de Marie-Josée Christien ne pouvait pas mieux tomber. Intitulé Juste un peu d’eau, il nous plonge au cœur de ce qui conditionne notre existence même.
La poète quimpéroise – on s’en doute bien – n’est pourtant pas là pour nous proposer un cri d’écologie appliquée ou pour lancer un cri d’alarme sur notre planète assoiffée. Ce que son livre nous dit de l’eau, sous forme de pensées ou d’aphorismes, relève avant tout de la contemplation ou de l’émerveillement. Marie-Josée Christien est d’ailleurs familière de ce genre d’approche poétique. On l’avait notamment constaté à la lecture de Marais secrets (Les Editions Sauvages, 2022) ou encore de Conversation de l’arbre et du vent (Tertium éditions, 2009).
La poète s’attache souvent dans ses livres à l’élémentaire et, dans la cas de l’eau, à toutes les formes qu’elle peu revêtir : de la goutte à la glace, en passant par la brume, la grêle ou la neige. Mais l’eau, sous sa plume, est toujours plus qu’une matière. Elle nous entraîne – de sa source à la mer – vers des méditations parfois teintées d’une forme de spiritualité. « L’eau entretient/notre errance/et peuple notre silence », écrit Marie-Josée Christien.
A plusieurs reprises, la poète nous parle de ce « peu d’eau » qu’elle nous dit « venue des pluies et des profondeurs ». Parler de l’eau, c’est aussi devenir puisatier. En somme partir à la recherche des sources de la vie et trouver un langage – de préférence poétique – pour l’exprimer. L’exergue du livre, extrait de l’œuvre du poète Bernard Noël, donne d’ailleurs bien le ton : « La vie/un peu d’eau/quelques mots sur la langue ».
Si l’eau des rivières, des sources ou des fontaines, parcourt ce recueil, l’eau de l’océan n’y est pas absente. Elle peut revêtir, ici ou là, la forme de la vague ou celle de l’écume. « De leur écume floconneuse/les vagues essuient/le ciel tendu ». Et c’est de cette écume ou de ce tumulte des courants dont témoignent surtout les photographies de Yann Perennou qui accompagnent les courts poèmes de Marie-Josée Christien. « La vie est née/dans l’océan/elle survivra/grâce à l’océan ».
Pierre TANGUY.
Juste un peu d’eau, Marie-Josée Christien, Tertium éditions, 2026, 79 pages, 14 euros. Elle dédicacera son livre au Festival du livre en Bretagne, à Carhaix les 24 et 25 octobre prochains.











